REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Caban et Barracuda (20 - 21 septembre 1979)

Ces deux opérations complémentaires avaient pour but de destituer le président Bokassa, tristement célèbre pour sa façon sanguinaire et mégalomane de diriger son pays. Elles se sont déroulées dans le plus grand secret, en évitant toute effusion de sang.

L'opération Caban a été remarquable d'efficacité, puisqu'elle a permis, en moins de douze heures, de débarquer le nouveau président par surprise, d'assurer sa protection et d'évacuer discrètement les spécialistes qui avaient mené l'action.

L'opération Barracuda qui lui succède est plus périlleuse. Disposant de moyens plus étoffés, elle doit parachever la mise en place du nouveau président David Dacko (déjà chef de l'Etat et du gouvernement de la RCA du 28 octobre 1958 au 31 décembre 1965, date à laquelle il en est chassé par le putsch de Bokassa), réduire les résistances éventuelles et maintenir l'ordre jusqu'au retour au calme de la population. Dirigée par le colonel Degenne et mobilisant la 3° et la 4° compagnie du 8° RPIMa, un peloton du RICM, la CEA et la 2° compagnie du 3° RPIMa, l'opération se déroule avec succès, sans coup férir. Les unités qui participent à cette opération (à l'exception de la 4° Cie du 8° RPIMa) sont rapatriées sur Bouar (RCA), où elles constituent le premier noyau de ce qui devient les « éléments français d'assistance opérationnelle » (EFAO) de Bouar.

Almandin (avril - décembre 1996)

Le 18 avril 1996, une centaine d'hommes des Forces Armées Centrafricaines se mutinent. Les éléments français d'assistance opérationnelle (EFAO) sont alors renforcés de deux compagnies du 8° RPIMa, prépositionnées à Libreville et au Gabon, pour assurer la protection des points sensibles de Bangui. L'opération Almandin ne fait que commencer.

Après l'ouverture de négociations entre le pouvoir et les mutins, Almandin 1 est démontée le 8 mai. Le 18 mai, la mutinerie reprend et les « godobés » commencent à piller la capitale.

Le lendemain, la 2° compagnie du 2° RIMa en alerte GUEPARD à 12 heures décolle de Roissy pour Bangui. Arrivés sur l'aéroport de M'Poko, les « marsouins » du 2° de Marine sont héliportés aux abords du camp de Kassaï, fief des mutins. Le 22 mai, la 4° compagnie du 2° RIMa les rejoint et les marsouins interdisent aux mutins l'accès au centre-ville pendant que les EFAO, dont une compagnie du 3° RPIMa, reprennent la maison de la radio.

Le 23 mai, appuyés par tous ses VAB acheminés par Antonov, le « 2 » et son chef de corps, le colonel Thonier, évacuent 3000 ressortissants français et européens de la capitale, pendant que le général Thorette négocie avec les mutins. Après accord, il s'agit alors d'évacuer et de protéger les mutins tout en maintenant un contrôle strict des points stratégiques de Bangui. Les mois suivants, les marsouins du capitaine de Bouvet encadrent le retour des unités de mutins dans la légalité, auprès de ceux-là même qui ont sérieusement blessé trois des leurs lors des combats du 22 mai. Almandin 2 prend fin peu après la date de Bazeilles.

A Bangui, l'économie reste paralysée et l'insécurité règne. Le 9 septembre, Almandin 3 est déclenchée : l'EMT et la 4° compagnie du 2° RIMa, avec leur nouveau chef de corps, le colonel Roisin, reçoivent une triple mission

- soutenir la RCA dans la sécurisation du nord du pays,

- participer à la reconstruction des FACA,

- entraîner les unités du détachement en vue d'un éventuel engagement opérationnel.

Investis d'une mission de bâtisseur, mais aussi d'une mission d'instruction en coopération directe avec l'armée centrafricaine, les marsouins du « 2 » se mettent à l'ouvrage.

Le 15 novembre, à Bangui, l'arrestation du capitaine Saulet, figure emblématique de l'ethnie yakoma, tourne au drame. La communauté yakoma du régiment mixte d'intervention se mutine et s'empare des armes détenues au camp de Kassaï. Les 700 mutins prennent de nombreux otages alors que le Président Ange-Félix Patassé est en voyage officiel en France.

Mise en alerte le 16 novembre, la 4e compagnie du 2° RIMa et la 2° compagnie du 21° RIMa installent leur PC à la présidence et prennent le contrôle de la moitié sud de la capitale et empêchent le pillage et les affrontements ethniques. Jusqu'au 7 décembre, les marsouins mènent de nombreuses opérations pour neutraliser les mutins en même temps que des négociations sont engagées avec le capitaine Saulet, chef de l'insurrection yakoma. Après l'obtention d'une trêve d'un mois, le « 2 » est relevé à partir du 14 décembre par les premiers éléments du 3° RIMa.