Autrefois nébuleuse floue,
immatérielle, et peu utilisée, la réserve de l’Armée de Terre vient de traverser
depuis 1997 une mutation sans précédent. Avec la professionnalisation
de l’Armée de Terre, la volonté de créer une Réserve réellement opérationnelle a
été engagée, et on peut le dire aujourd‘hui réussie.
1997 Création des Unités de Réserve en Régiment
Professionnel URRP C’est la disparition de l’ancienne réserve,
disparition des régiments de réserve.
La réserve militaire est
accueillie dans les régiments d’active. Chaque régiment professionnel
doit possèder une Unité élémentaire formée de réservistes et faisant partie
intégrante de son organigramme.
1997-2003
Phase de Professionnalisation Montée en Puissance, Recrutement, Instruction des
URRP
Pendant ces 5 années, l’Active
et la Réserve vont apprendre à se connaître, à travailler ensemble, à se faire
confiance. Des liens de camaraderie et de fraternité se créent. Les a priori sur la « réserve à
papa, saucisson vin rouge », s’effacent pour faire place à la complémentarité et
à la montée en compétence. Le terme « réserviste » disparaît au profit
de«
militaire de réserve ».
Ceux qui ont connu cette phase
de transition, pourront témoigner de l’instruction dont les URRP ont
bénéficié. Périodes après périodes, le
combat, le tir, la topo, le NBC, l’entretien des véhicules…etc, rien ne sera
ménagé et durant 5 ans, à chaque convocation résulte des cours du travail sur le
terrain, et une montée progressive en compétence qui sera sanctionnée par un
contrôle opérationnel effectué par le Régiment. C’est le début des
premières expérimentations de la Réserve Opérationnelle : OPINT (essentiellement
Vigipirate) mais aussi les premiers départs en OPEX de réservistes des URRP en
complément avec leur frères d’Armes d’active. Pendant ces missions, les
différences disparaissent au profit de la mission.
2004La
réserve de l’Armée de Terre entre dans sa phase
Opérationnelle Les URRP deviennent UIR : Unité d’Intervention de
Réserve
Formée, évaluée par le BOI des
régiments, en mesure de remplir des missions en toute autonomie, il est presque
impossible aujourd’hui de différencier un réserviste opérationnel de son
camarade d’active. Le contexte opérationnel intense
rendant les effectifs de l’Armée de Terre à flux tendu dans les régiments,
ouvre le chemin de la complémentarité des UIR.
Aujourd’hui, l’UIR
est un élément essentiel pour le Régiment, c’est son complément opérationnel, sa
bulle d’oxygène, son moyen de faire souffler une section ou une compagnie
d’active, en déployant par exemple son UIR plusieurs fois par an pour des OPINT
ou d’autres missions, jusque là dédiées aux militaires d’active, permettant
ainsi une organisation optimalisée dans la gestion de ses effectifs.
Précisons que l'objectif 2008 est d'avoir 100 Unités
de Réserve ( aujourd'hui 79 ) Actuellement il existe également des USR ( Unités
Spécialisées de Réserve ) leurs missions sont spécialisées dans le transport, la
circulation et le génie. Ce dossier ouvrant ensuite sur la réserve dans les
Troupes de Marine, nous n'aborderons que le cas des UIR,