Armées: le général Lecointre met en garde contre les décisions budgétaires "sauvages"

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Armées: le général Lecointre met en garde contre les décisions budgétaires "sauvages"

Message par Rédacteur » 05 sept. 2017, 23:10

Armées: le général Lecointre met en garde contre les décisions budgétaires "sauvages"
AFP, Publié le 05/09/2017 à 16:00
http://www.lepoint.fr/societe/armees-le ... 737_23.php
Le nouveau chef d'état-major des armées, le général François Lecointre, a mis en garde mardi contre les "réflexes de régulation budgétaire sauvages" dans le secteur de la défense, sur fond de surengagement des armées.
"Une armée est un gros paquebot, on ne construit pas et on ne reconstruit pas un appareil militaire en deux coups de cuillère à pot", a-t-il déclaré à l'université d'été de la Défense, qui réunissait la ministre des Armées Florence Parly, militaires et parlementaires à Toulon (Var).
"Les réflexes de régulation budgétaire sauvages viennent trop souvent, malheureusement, détruire le travail de cohérence qui est effectué dans le cadre de l'élaboration de la loi de programmation militaire et des lois de finances initiales", a-t-il ajouté.
Le général Lecointre a notamment insisté sur la nécessité de maintenir un financement interministériel des opérations extérieures (environ 1,2 milliard d'euros par an) plutôt que de faire porter l'effort sur le seul ministère des Armées.
"Qu'on ne prétende pas atteindre l'inatteignable qui sera extrêmement dangereux, c'est-à-dire +le ministère des Armées, quoiqu'il arrive, prendra sous enveloppe la totalité des dépenses des opérations extérieures+", a-t-il souligné.
Les armées vont devoir assumer en 2017 le surcoût des opérations extérieures (environ 850 millions d'euros), jusqu'ici réparti entre les autres ministères au nom de l'effort collectif de défense.
Concrètement, leur budget restera en apparence inchangé par rapport à celui voté par le Parlement en 2016. Mais cela fait 850 millions de crédits en moins pour leurs programmes d'équipements.
"Un complément de solidarité interministériel (...) est extrêmement important pour montrer que ce ne sont pas les armées qui décident de leurs engagements mais que c'est bien un engagement des armées de la France qui est voulu par le gouvernement, le président et qui est validé par le parlement", a relevé le général Lemoine.
Les coupes imposées aux armées en 2017, sur fond d'effort budgétaire global, ont provoqué une crise entre le président Emmanuel Macron et l'ex-chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui a démissionné en juillet.
Le chef de l'Etat a déclaré jeudi dans une interview au Point ne "pas avoir de regret" et "assumer totalement" cette crise, "tempête dans un verre d'eau".
Il s'est engagé à porter l'effort de défense à 2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, soit un budget de 50 milliards d'euros, avec une première hausse conséquente de 1,8 milliard d'euros des crédits en 2018.
"Le rythme de cette hausse se poursuivra avec une augmentation de 1,6 milliard d'euros par an pendant toute la durée du quinquennat", a assuré Florence Parly à Toulon.
Abondant dans le sens du général Lecointre, elle a évoqué la "possibilité d'ajuster le niveau d'engagement (des armées sur les théâtres extérieurs, ndlr) en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain".
Une "refonte" de l'opération Sentinelle - qui mobilise en permanence 7.000 hommes en France depuis les attentats jihadistes de 2015- sera prochainement présentée, afin de rendre son "mode opératoire" plus "efficace et réactif", a-t-elle ajouté, sans autre précision.
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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Le chef d'état-major des armées dézingue la "régulation budgétaire sauvage" de Bercy

Message par Rédacteur » 05 sept. 2017, 23:16

Le chef d'état-major des armées dézingue la "régulation budgétaire sauvage" de Bercy
Challenges, Par Vincent Lamigeon le 05.09.2017 à 12h51
https://www.challenges.fr/entreprise/de ... rcy_497360
Aux Universités de la défense de Toulon, François Lecointre a envoyé un bel Exocet à Bercy, soulignant les risques de déclassement des armées françaises. Le message est clair : malgré le traumatisme Villiers, le nouveau CEMA n'a pas l'intention de brider son discours.
Ceux qui attendaient un nouveau chef d'état-major des armées effacé, après le traumatisme de la démission du général Pierre de Villiers fin juillet, en seront pour leurs frais. Devant les 550 participants de l'Université de la défense, véritable aréopage du secteur militaire qui se réunit tous les ans début septembre, le nouveau chef d'état-major François Lecointre a montré mardi 4 septembre qu'il n'avait pas l'intention de renoncer à la liberté de parole de son prédécesseur. Interrogé sur ses attentes sur la future revue stratégique, qui doit fixer les objectifs des forces françaises pour les prochaines années, le CEMA a tenu à faire passer des messages clairs. "La réalité, c'est que l'urgence s'impose en matière de défense et de sécurité, a-t-il martelé. Le ministère des armées ne peut pas se dérober à cette urgence."
Premier message fort : le nouveau CEMA n'a aucune intention de renoncer à donner son avis sur les arbitrages financiers. " Le chef d'état-major des armées, parce qu'il porte les opérations du ministère, porte aussi, par fonction, des responsabilités en matière de cohérence générale, à la fois de la programmation et des engagements budgétaires", rappelle le général Lecointre, qui revendique un rôle majeur sur les investissements, la préparation du budget, les ressources humaines. Une façon de bien montrer que le poste de CEMA n'a rien perdu de ses prérogatives, malgré le psychodrame de juillet.

"Régulation budgétaire sauvage"

L'autre message clé est budgétaire. Certes, reconnaît François Lecointre, il faut aboutir à une meilleure sincérité du financement des opérations extérieures, qui doivent voir leur socle de financement augmenter. Mais le ministère des armées ne peut prendre seul à sa charge tous les coûts d'OPEX, par essence pas totalement prévisibles. "Le principe d'un collectif budgétaire qui prévoit une solidarité interministérielle sur l'engagement des armées est extrêmement important, estime le CEMA. Cela montre que ce ne sont pas les armées qui décident de leur engagement, mais que c'est bien l'engagement des armées de la France, voulu par le président de la République et le gouvernement, et qui est validé par le Parlement."
La mise à contribution des armées, qui financent cette année l'intégralité du surcoût des OPEX du fait des fameux 850 millions d'euros coupés par Bercy, doit donc rester une exception. "Le socle de financement doit être le plus sincère possible, mais il serait extrêmement dangereux de dire que le ministère des armées, quoi qu'il arrive, prendra en charge l'intégralité des dépenses d'opérations extérieures", avertit François Lecointre. Un message destiné à l'Elysée et au Budget, suivi d'un second, bien plus violent, spécifiquement destiné à Bercy : "Il faut éviter la pire des choses, qu'on a déjà évoquée avec la ministre des armées et le président de la République : ces réflexes de régulation budgétaire sauvage qui viennent trop souvent, malheureusement, détruire le travail de cohérence des lois de programmation militaire et des lois de finances initiales." Une allusion aux "réserves de précaution", "gels", et autres "surgels" que Bercy impose chaque année aux armées. Outre les 850 millions coupés, le Budget gèle ainsi toujours 700 millions d'euros de crédits militaires sur l'exercice 2017.

Modèle d'armée menacé

Que réclame le nouveau chef d'état-major des armées ? Il juge impératif de préserver l'autonomie stratégique des forces françaises, avec un "modèle d'armée complet et équilibré", qui préserve à la fois la capacité d'entrer en premier sur les théâtres d'opérations, et l'autonomie de décision de la France. Or ce modèle est menacé, avertit le CEMA. Le fait que les armées soient sollicitées bien au-delà de ce que prévoyait leur contrat opérationnel fixé par le Livre blanc en 2013 (de l'ordre de 30%,) n'est pas viable sur le long terme. "Une armée est un gros paquebot, on ne reconstruit pas un appareil militaire en deux coups de cuillère à pot. Ca prend du temps, et ça se détruit bien plus vite que ça ne se construit." L'Europe de la défense, priorité majeure du président Macron, peut apporter un appui bienvenu. Mais pour la construire "il faut avoir une capacité d'entraînement, et donc être fort", souligne François Lecointre.
L'urgence est donc de "redonner de la marge aux armées", juge François Lecointre, les forces françaises étant au taquet. "Serions-nous capables aujourd'hui de nous engager dans l'opération Serval ? La question mérite d'être posée. Nous devons réfléchir, le président de la République est d'accord là-dessus, à une nécessaire modulation du niveau d'engagements, pour ne pas épuiser les forces et être capable de répondre en cas de crise majeure et imprévue." Le CEMA espère donc que la future revue stratégique pilotée par la ministre des armées Florence Parly redéfinira le contrat opérationnel des armées, c'est-à-dire la capacité maximale des forces françaises, en tenant compte de l'intensité des engagements actuels. Et de celle, difficilement prévisible, des opérations futures.

Lever le pied sur les OPEX ?

Mais ce contrat ne doit pas être considéré comme un engagement à tenir de façon permanente. "Le contrat opérationnel n'est pas fait pour être assuré à 100% tout le temps, rappelle François Lecointre. Il correspond à un effort maximum en cas de crise majeure, face à une menace qu'on aurait pas su prévoir." Surtout, il faut se garder de couper à nouveau les moyens financiers du ministère si ce seuil maximal n'est pas atteint en permanence, une tentation traditionnelle des gouvernements depuis 20 ans. Le chef d'état-major des armées préconise au contraire de "satisfaire un impératif de régénération" des armées françaises, fragilisées par le surengagement actuel et les réductions de capacités engagées par la loi de programmation militaire 2014-2019, avec "l'intention, peut-être incantatoire, d'y remédier dans la LPM suivante". En clair, il est grand temps de lever le pied sur les opérations, pour laisser l'armée respirer un peu. Vu le contexte international, sacré programme.
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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