L’Afrique devient à nouveau un enjeu militaire majeur

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L’Afrique devient à nouveau un enjeu militaire majeur

Message par Rédacteur » 17 mars 2018, 12:21

L’Afrique devient à nouveau un enjeu militaire majeur
https://www.agenceecofin.com/la-une-de- ... emergentes
Ecofin Hebdo, Borgia Kobri, vendredi, 09 mars 2018 17:08
(Ecofin Hebdo) - Le continent africain n’avait plus connu pareille concentration de forces militaires étrangères sur son sol depuis la fin de la seconde guerre mondiale puis, par la suite, de la guerre froide.
Ces dernières années, près d’une trentaine de bases militaires étrangères, permanentes ou temporaires, ont été dénombrées en Afrique (voir la 2e partie de ce dossier, la semaine prochaine). Une présence « justifiée » officiellement par la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime principalement dans la corne de l’Afrique et récemment dans le golfe de Guinée. Pourtant, cette dynamique se présente également, et de plus en plus, comme le reflet d’un véritable jeu d’influence entre puissances occidentales et émergentes, face auquel le continent peine encore à trouver ses marques.

Un contexte qui se veut différent

L’apparition d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), suite à la crise libyenne et de Boko Haram dans le nord du Nigeria, constituent des menaces graves pour la stabilité de la région sahélienne et celle du lac Tchad. Avec son lot de fléaux à savoir le terrorisme, le trafic de drogue, la traite d’êtres humains, l’immigration clandestine, etc.

Mais au-delà des aspects purement sécuritaires, cette instabilité pose des problèmes d’ordre économiques pour ces régions particulièrement riches en ressources minières et énergétiques tel que le pétrole, le gaz, l’or, l’uranium, le diamant, le phosphate, la bauxite, le plutonium, le manganèse, ou encore le cobalt. De sorte à faire apparaitre une rivalité franco-américaine surtout dans le Sahel, matérialisée par la mise en place de différentes bases militaires, dont le but est principalement de sécuriser leurs approvisionnements en matière énergétique et minérale, selon de nombreux analystes.

Une rivalité franco-américaine, surtout dans le Sahel, matérialisée par la mise en place de différentes bases militaires.

Quant au phénomène de la piraterie dans la corne de l’Afrique, elle touche à l’une des routes maritimes et commerciales les plus fréquentées du monde, reliant l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Une menace qui a nécessité une réponse concertée autour du Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes somaliennes (GCPSC), tout comme la création de certaines forces maritimes telle que la force navale européenne (EUNAVFOR). Ainsi qu’à la création de nouvelles bases navales (en plus celles déjà existantes) à savoir la base navale chinoise à Djibouti, ou encore la base turque en Somalie.

Un phénomène maritime qui a fini par s’étendre aux eaux du Golfe de Guinée en Afrique de l’Ouest, où il est en constante augmentation depuis 2012. Selon la fondation One Earth Future, les attaques armées contre des bateaux ont connu une hausse de près de 76% entre 2015 et 2016 dans cette région riche en ressources énergétiques et qui est devenue l’épicentre de la piraterie maritime sur le continent.

Occasionnant ainsi une certaine concentration de forces maritimes à travers l’organisation constantes de manœuvres militaires navales tel que le Navy’s exercice for maritime operation (NEMO) entre les marines française et camerounaise, ou encore l’Obangame Express impliquant 31 pays sous la conduite des Etats-Unis.

Contrer l’influence grandissante de la Chine et des puissances émergentes

A la veille d’une tournée d’une semaine dans cinq pays africains (Ethiopie, Djibouti, Kenya, Tchad et Nigeria), le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a estimé, le 6 mars, que l’engagement de la Chine en Afrique « met en danger la stabilité économique et politique » de ce continent.
« Une fois associée à la pression politique et fiscale, l’approche de la Chine en Afrique met en danger les ressources naturelles du continent et sa stabilité économique et politique à long terme », a-t-il déclaré lors d'un discours prononcé en Virginie.
« L’approche de la Chine en Afrique met en danger les ressources naturelles du continent et sa stabilité économique et politique à long terme »,
De tels propos cachent, en fait, l’inquiétude du pays de l’oncle Sam – ainsi que d’autre pays occidentaux - face à la montée en puissance de la Chine dans les relations économiques et commerciales avec le continent.

Depuis 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique. Ces échanges commerciaux s’élevaient en 2016 à 149,2 milliards $ (56,9 milliards $ d’importations et 92,3 milliards $ d’exportations chinoises). La Chine est également en pointe des investissements dans de nombreux domaines tels que les infrastructures, l’énergie, les mines, etc. Par ailleurs, Pékin a installé en 2017, sa première base militaire outremer à Djibouti à proximité de la base du corps expéditionnaire américain de Camp Lemonnier. Cette base devrait accueillir près de 10 000 hommes d’ici à 2026, date à laquelle les militaires chinois auront transformé cette enclave en avant-poste militaire de la Chine en Afrique.

A cela s’ajoutent d’autres puissances émergentes telle que l’Inde dont les échanges commerciaux bilatéraux avec l’Afrique sont passés de 1 milliard $ en 1995 à 75 milliards $ en 2015, selon la BAD. New Dehli est également présent militairement en Afrique avec sa station d’écoute implantée dans le nord de Madagascar en 2007 pour suivre le déplacement des navires dans l’océan Indien et surveiller les communications maritimes. En outre, l’Inde s’est vu alloué, par les Seychelles, un terrain sur l’île de l’Assomption en vue de construire sa première base navale dans l’océan Indien. L’objectif officiel est de lutter contre la piraterie, toutefois l’Inde semble également vouloir garder un œil sur la Chine dont l’influence va crescendo dans l’océan indien.

L’ours russe n’est pas en reste de ce jeu d’influence. En effet, bien qu’ayant un niveau d’échanges assez faible avec le continent, la Russie a décidé de l’inscrire parmi les « priorités russes en politique étrangère », comme l’a souligné récemment Sergueï Lavrov. Une déclaration faite juste avant le démarrage d’une tournée qui l’a conduit dans cinq pays africains (Angola, Namibie, Mozambique, Zimbabwe et Éthiopie) en vue officiellement d’intensifier « les liens sur plusieurs axes, trouver de nouveaux terrains pour des efforts communs dans les domaines commercial et économique, scientifique, technique, humanitaire et d'autres encore ».

La Russie a décidé d’inscrire l’Afrique parmi les « priorités russes en politique étrangère », comme l’a souligné récemment Sergueï Lavrov.

Renforçant, par ailleurs, sa coopération militaire avec des pays tel que l’Algérie, l’Egypte, l’Angola, l’Ouganda, le Zimbabwe, l’Afrique du sud, l’Ethiopie, ou encore le Mozambique, la Russie tente actuellement une incursion en Afrique centrale. Ceci, depuis la livraison d’armes destinées à équiper deux bataillons de l’armée centrafricaine (1300 hommes), avec à l’appui 200 instructeurs des forces spéciales russes.

Omar El Bechir a émis le souhait de voir s’installer une base russe sur son territoire pour « se protéger des actions agressives de Washington ».

Pour sa part, le président soudanais, Omar El Bechir, a émis le souhait, lors d’une récente visite à Moscou, de voir s’installer une base russe sur son territoire pour, dit-il, « se protéger des actions agressives de Washington ».

Une Afrique qui cherche encore ses marques

L’augmentation de la présence des forces militaires étrangères sur le continent résulte en partie de la fragilité des Etats africains ainsi qu’à la faiblesse structurelle de ses nombreuses armées.

En effet, à l’exception notable de certains pays qui tentent d’assurer leur sécurité essentiellement par leurs propres moyens parmi lesquels figurent notamment l’Egypte, aux prises avec l’Etat islamique dans le Sinaï, l’Algérie, avec la menace terroriste dans le sud de son territoire, ou encore le Cameroun et le Nigeria avec Boko Haram, beaucoup d’autres tels que le Mali, le Niger, la Centrafrique ou encore la Somalie ont besoin de l’appui d’autres forces, notamment étrangères à l’Afrique.

Au niveau régional africain, bien que des efforts soient déployés, ceux-ci restent cependant insuffisants pour permettre au continent d’assurer lui-même ses besoins en matière sécuritaire.
En effet, comme c’est d’ailleurs le cas pour le fonctionnement de l’Union africaine dont le budget reste largement dépendant de l’aide des partenaires internationaux (à hauteur de 73,79% en 2017), les opérations de maintien de la paix en Afrique sont largement tributaires de l’aide des partenaires extérieurs au continent.

En plus d’être financier, cet appui est également matériel, logistique, mais également humain avec le conseil, la formation et même l’engagement de troupes au combat comme c’est le cas pour l’opération Barkhane.

Pour preuve, l’opérationnalisation de la force militaire conjointe des pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) a été retardée, faute de financements suffisants. Là encore, ce sont les partenaires extérieurs qui sont sollicités, tant en terme de financements qu’en matière d’appui logistique. Ainsi, après plusieurs rounds de discussions, ce sont 414 millions d’euros annoncés sur les 423 millions d’euros nécessaires pour financer la force militaire du G5 Sahel pour 2019, lors d’une conférence internationale tenue à Bruxelles, le 23 février dernier. Avec pour donateurs, l’Union européenne, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, la France, les Etats-Unis, et les Etats du G5 eux-mêmes.



Dans l’attente de la Force Africaine en Attente

S’inscrivant dans le cadre de l’Architecture de paix et de sécurité africaine (Apsa) et prévue dès la constitution de l’Union Africaine en 2002 dont elle est censée être le bras armé, la force africaine en attente (FAA) n’est toujours pas opérationnelle. Repoussé à maintes reprises depuis 15 ans, faute de financement, le lancement de la FAA se fait encore attendre.

En 2015, un premier exercice d’entrainement de soldats d’une douzaine de pays africains avait eu lieu en Afrique du Sud, laissant croire à un démarrage imminent de cette force de réaction rapide panafricaine.

En 2015, un premier exercice d’entrainement de soldats d’une douzaine de pays africains avait eu lieu en Afrique du Sud, laissant croire à un démarrage imminent de cette force de réaction rapide panafricaine. Toutefois, ce n’est qu’en janvier dernier que la première base logistique de cette force installée sur deux sites de 10 et 15 hectares a été inaugurée à Douala au Cameroun.

Initialement la FAA doit être composée de cinq brigades disposant chacune de son propre commandement et correspondant aux cinq communautés économiques régionales (CER) du continent : Afrique du Nord, de l'Ouest, centrale, australe et de l’Est.

Ces brigades interarmes doivent regrouper des unités commandos, de cavalerie blindée, d’infanterie, d’artillerie, du génie, du train, des unités médicales, des gendarmes ou de la police militaire. Ceci pour un effectif allant jusqu’à 6000 hommes fournis par les pays membres de la CER.

En plus de sa brigade en attente, chaque CER est censée avoir un élément de planification permanent au sein d’un quartier-général.

De manière à pouvoir réduire les délais d’intervention, l’UA décide de créer une force d’action rapide, la Capacité de déploiement rapide (CDR) qui correspond à un contingent de 2500 hommes fournis par CER, détaché de sa brigade en attente.

Ainsi, comme c’est le cas déjà en ce qui concerne la mise en œuvre de réformes devant instaurer l’indépendance financière de l’UA vis-à-vis de ses partenaires extérieurs, l’opérationnalisation de la FAA devrait constituer un autre chantier majeur du nouveau président en exercice de l’Union Africaine, le rwandais Paul Kagamé.

Certes, cette force ne permettra pas forcément de résoudre tous les problèmes sécuritaires du continent, mais elle pourrait se présenter comme un début de maitrise, par les Africains, de leurs défis en matière de sécurité, et à une première réponse face à cette présence grandissante des forces militaires étrangères en Afrique.
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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Le panorama des forces armées étrangères présentes en Afrique

Message par Rédacteur » 17 mars 2018, 12:31

Le panorama des forces armées étrangères présentes en Afrique
https://www.agenceecofin.com/hebdop1/16 ... en-afrique
Ecofin Hebdo,
Selon la 1ère partie de ce dossier, parue la semaine passée, l’Afrique est à nouveau devenue un enjeu militaire majeur, cette fois ci, entre puissances occidentales et émergentes. Le continent africain n’avait plus connu pareille concentration de forces militaires étrangères sur son sol depuis la fin de la seconde guerre mondiale puis, par la suite, de la guerre froide.
Cette seconde partie présente un panorama aussi complet que possible des présences armées étrangéres sur le sol africain. A noter que ce panorama ne comprend pas les forces de l’ONU constituées en grande partie de forces africaines et non-africaines.

FRANCE
Les forces françaises stationnées à Djibouti
La présence des forces françaises sur le territoire djiboutien est encadrée par le Traité de coopération en matière de défense, signé le 21 décembre 2011 entre la République de Djibouti et la France.
Les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ) constituent le contingent le plus important de forces de présence françaises en Afrique et l’une des deux bases opérationnelles avancées sur ce continent.
Positionnées sur la façade Est de l’Afrique, les FFDJ constituent une plateforme stratégique, opérationnelle et logistique aussi appelée base opérationnelle avancée (BOA). A ce titre, les FFDJ sont en mesure d’accueillir,mais également projeter rapidement des forces, en cas de crise dans la sous-région, vers l’océan Indien ou le Moyen-Orient.
Avec 1450 militaires déployés, les Forces françaises stationnées à Djibouti s’articulent autour de cinq emprises principales centrées sur Djibouti :
• Le 5e régiment interarmes d’outre-mer (5e RIAOM) ;
• Le détachement de l’aviation légère de l’armée de terre (DETALAT) armant 2 hélicoptères Puma et 1 Gazelle ;
• La base aérienne 188 (BA 188) avec ses 4 avions de défense aérienne Mirage 2000-5, 1 avion de transport tactique C160 Transall, 2 hélicoptères Puma ;
• La base navale ;
• Le centre d’entraînement au combat et d’aguerrissement au désert de Djibouti (CECAD).

Les forces françaises de Côte d’Ivoire
Héritières du régiment colonial, créé en août 1914 sous le nom de 43e régiment d'infanterie coloniale, puis rebaptisé en 1958, 43ème bataillon d’infanterie de marine (BIMA), et par la suite, Force Licorne en 2002, les forces françaises en Côte d’Ivoire (FFCI), créées le 1er janvier 2015, ont pour mission d’assurer un relai opérationnel sur une zone d’intérêt stratégique.
Par leur positionnement géographique, la qualité de leurs infrastructures portuaires et aéroportuaires et les capacités de leurs emprises, les FFCI constituent une plateforme stratégique, opérationnelle et logistique majeure sur la façade ouest-africaine aussi appelée base opérationnelle avancée (BOA).
Avec 900 militaires déployés, les FFCI s’articulent autour de quatre emprises principales, essentiellement centrées sur Abidjan et Toumodi :
• Le camp de Port-Bouët à Abidjan ;
• L’emprise de La Bourgerie sur l’aéroport d’Abidjan ;
• Le détachement d’intervention lagunaire (DIL) à Port-Bouët ;
• Le camp le camp Lieutenant-colonel Saboret à Lomo Nord situé à environ 180 km au nord d’Abidjan ;
• Le complexe de tir de Lomo Nord.

Eléments français du Gabon
La France déploie des forces armées au Gabon depuis l'indépendance de ce pays en 1960 et conformément aux accords de défense d'août 1960. Répondant aux orientations du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013, les éléments français au Gabon (EFG) ont remplacé les forces françaises au Gabon (FFG) au 1er septembre 2014.
Avec 350 militaires déployés, les EFG s’articulent autour de deux principales emprises centrées sur Libreville :
• Le camp de Gaulle qui accueille le 6e bataillon d’infanterie de marine (6e BIMa) : principalement tourné vers la coopération opérationnelle régionale, il assure également la protection des emprises des EFG et la maintenance des matériels terrestres ;
• La base aérienne Guy Pidoux qui accueille les éléments Air 470 (EA 470) implantés sur avec un hélicoptère FENNEC : ils assurent l’accueil et le soutien logistique aéronautique au profit des aéronefs militaires en détachement ou de passage ;
• Le Centre d’aguerrissement de l’outre-mer et de l’étranger (CAOME).

Les éléments français au Sénégal
Les éléments français au Sénégal (EFS) constituent, à Dakar, un « pôle opérationnel de coopération » (POC) à vocation régionale. Les EFS disposent par ailleurs de la capacité d’accueillir, de soutenir voire de commander une force interarmées projetée. S’inscrivant ainsi dans une posture de prévention, les EFS demeurent un point d’appui matérialisé par l’existence d’un noyau clé de poste de commandement interarmées (PCIA) et d’escales navale et aéronautique.
En tant que force de présence française en Afrique, les EFS ont pour principales missions : d’assurer la défense des intérêts français et la protection de ses ressortissants ; d’appuyer des déploiements opérationnels dans la région ; de contribuer à la coopération opérationnelle régionale.
Avec un effectif de 350 soldats, les EFS sont implantés au quartier « colonel Frédéric Geille » à Ouakam et au quartier « contre-amiral Protet » (port militaire de Dakar). Ils disposent également d’une escale aérienne à l’aéroport militaire de Dakar-Senghor ; et d’une station d’émission haute fréquence de la direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI) à Rufisque.

Les éléments français au Tchad
Les éléments français au Tchad (EFT) de la force Épervier se sont établis en février 1986, à la demande de l’État tchadien. Composée d’environ 950 soldats, la force Épervier assure deux missions permanentes :
Elle est en mesure de garantir, si nécessaire, la protection des intérêts français et, tout particulièrement, la sécurité des ressortissants français résidant au Tchad.
Conformément à l’accord de coopération technique signé entre la France et le Tchad, elle apporte un soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation, médical, renseignement) aux forces armées et de sécurité (FADS) tchadiennes.
A cet effet, elle se répartit sur :
• La base aérienne « Sergent-chef Adji Kosseï » à N’Djaména,
• Un détachement à Abéché, sur le camp « Capitaine Michel Croci », dans l’Est du pays, 660 km environ de N’Djaména,
• Un détachement à Faya-Largeau, dans le Nord du pays, à environ 780 km de N’Djaména.
A noter par ailleurs que la base « Sergent-chef Adji Kosseï » établie sur environ 80 ha, et adossée à la piste de l'aéroport international de N’Djamena, fait également office de quartier général de la force Barkhane, qui mobilise 4 000 soldats français (répartis sur tout le théâtre d’opération). Un QG qui supervise les actions sur un théâtre d’opération qui couvre le Tchad, le Niger, le Burkina-Faso, la Mauritanie et surtout le Mali.

Burkina Faso
Le pays des hommes intègres abrite une base des forces spéciales françaises faisant partie du dispositif Barkhane. Relavant du Commandement des opérations spéciales (COS), l’effectif de cette garnison, dont la présence se fait d’ailleurs très discrète au Burkina Faso, demeure un secret bien gardé.

Niger
D’après le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP), la France dispose, à ce jour, de quatre bases militaires au Niger : à Niamey, à Aguelal et Madama, près des frontières algérienne et libyenne, et à Diffa au sud. Toutes ces bases militaires françaises font partie du dispositif Barkhane.
Parmi ces bases, celle de Niamey, avec 500 hommes, fait office de « hub aérien » avec des avions de chasse Mirage 2000, des appareils de transport et des drones.

Mauritanie
Un contingent des forces spéciales françaises est également présent en Mauritanie dans le cadre de l’opération Barkhane. Relavant du Commandement des opérations spéciales (COS), leur effectif n’est pas connu.

Mali
Avec environ 1700 soldats, le Mali accueille le plus gros contingent de militaires de l’opération Barkhane. Ceux-ci sont déployés essentiellement à Gao, avec des détachements sur les bases avancées de Kidal et Tessalit (nord-est). Un détachement est également positionné sur la base militaire aérienne de Bamako, la capitale.

Centrafrique
Avec la fin de l’opération Sangaris, forte d’environ 1200 hommes en octobre 2016, la France a maintenu un contingent d’environ 350 soldats en Centrafrique, dont une unité de drones tactiques (SDTI).
Cet effectif comprend les troupes affectées à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et la mission de formation de l’Union européenne en République centrafricaine (EUTM-RCA).

Golfe du Guinée
En vue d’assurer la présence permanente d’un bâtiment militaire, au moins, dans le Golfe de Guinée et au large des côtes d’Afrique de l'Ouest, la France a lancé depuis 1990, un dispositif naval dénommé « Mission Corymbe ».
À l’origine, ce dispositif a été conçu pour préserver les intérêts économiques français dans cette zone, notamment ceux liés à l’exploitation pétrolière. Corymbe relève ainsi d’une logique de puissance militaire, en complément du dispositif militaire français déployé en Afrique occidentale.
Dans ce cadre, elle assure trois missions principales : Pré-positionnement « Resevac » (Opération d’évacuation de ressortissants français), soutien des forces françaises prépositionnées dans la zone ; et lutte contre la piraterie maritime.
Les bâtiments en mission dans cette zone se déploient de la frontière nord du Sénégal à la frontière sud de l’Angola, en passant notamment par les eaux de la Côte d'Ivoire, du Bénin, du Ghana, du Togo, du Nigéria, du Cameroun, du Gabon ou encore des îles de Sao Tomé-et-Principe.

ETATS-UNIS
Burkina Faso
Un « site de sécurité coopérative » implanté à Ouagadougou offre des services de surveillance et de renseignements dans la région du Sahel.

Cameroun
L’aéroport de Garoua dans le nord du Cameroun sert aussi de base pour les drones qui frappent Boko Haram au nord-est du Nigeria. Il abrite des drones Predator non armés et quelque 300 soldats américains.

Djibouti
Le Camp Lemonnier, un site de 200 hectares, héberge un corps expéditionnaire composé d’environ 4000 soldats et personnels civils à proximité de l’aéroport international. Le Camp, qui accueille la Force opérationnelle interarmées multinationale du Commandement militaire des Etats-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) dans la Corne de l’Afrique, est la seule base militaire permanente des Etats-Unis sur le continent.

Gabon
Site de lancement rudimentaire utilisé par les forces de réaction rapide, chargées de protéger les installations diplomatiques dans la région.

Ghana
Site de lancement rudimentaire utilisé par les forces de réaction rapide.

Kenya
Le Camp Simba de Manda Bay accueille du personnel naval et des bérets verts, ainsi que des drones armés pour les opérations menées en Somalie et au Yémen.

Seychelles
Des drones sont pilotés depuis une base installée sur l’île de Victoria.

Niger
La première base de Niamey a été éclipsée par celle d’Agadez, qui peut accueillir de grands avions de transport et des drones Reaper armés. La base couvre la région du Sahel et celle du Bassin du lac Tchad.

Ouganda
Les PC-12, des avions de surveillance, partent de l’aéroport d’Entebbe lors des interventions des forces spéciales étasuniennes, en soutien des opérations ougandaises de recherche de Joseph Kony et de l’Armée de résistance du Seigneur.

République centrafricaine
Les forces spéciales américaines installées sur les « bases temporaires » d’Obo et Djema soutiennent les opérations de l’armée ougandaise pour retrouver Joseph Kony et les combattants de l’Armée de résistance du Seigneur.

République démocratique du Congo
Dungu est une autre « base temporaire » utilisée pour la recherche de Joseph Kony.

Sénégal
Un site installé au Sénégal a été utilisé par l’armée des Etats-Unis pendant la réponse à la crise d’Ebola.

Somalie
Les commandos américains opèrent depuis les sites de Kismayo et Baledogle.

Soudan du Sud
L’aérodrome de Nzara est une autre base utilisée pour la recherche de Joseph Kony.

Tchad
Des drones Predator et Reaper sont basés dans la capitale, Ndjamena.

Mais encore…
Par ailleurs, la présence de soldats américains en Algérie, en RDC, en Egypte, en Érythrée, en Ethiopie et en Tunisie, a été révélée récemment par le Washington Post.

CHINE
Djibouti
La Chine installe sa première base militaire outre-mer dans le port d’Obock, de l’autre côté du golfe de Tadjourah et de la base du corps expéditionnaire des Etats-Unis, Camp Lemonnier.
Cette base devrait accueillir près de 10 000 hommes d’ici à 2026, date à laquelle les militaires chinois auront transformé cette enclave en avant-poste militaire de la Chine en Afrique.

ROYAUME-UNI
Kenya
Une unité permanente de soutien à la formation principalement basée à Nanyuki, à 200 kilomètres au nord de Nairobi.

Mali
Des soldats des forces spéciales britanniques et un escadron d’hélicoptères Chinook sont annoncés pour renforcer la lutte contre l’insécurité au Sahel. Ces troupes devraient être prépositionnées à la frontière algéro-malienne.

INDE
Madagascar
La première station d’écoute activée par l’Inde outre-mer a été implantée dans le nord de l’île en 2007 pour suivre le déplacement des navires dans l’océan Indien et surveiller les communications maritimes.

Seychelles
L’Etat a alloué un terrain sur l’île de l’Assomption pour que l’Inde construise sa première base navale dans l’océan Indien. L’objectif apparent est de lutter contre la piraterie, mais l’Inde semble également vouloir garder un œil sur la Chine.

ALLEMAGNE
Niger
Une base militaire pour le transport aérien, à l’aéroport international de Niamey, appuye la contribution croissante de l’Allemagne en termes de personnels dans la Mission des Nations Unies au
Mali.
Un détachement allemand est également présent à Gao pour notamment des missions de reconnaissance aérienne, de renseignements et de soutien logistique.

TURQUIE
Somalie
La première base militaire installée par Ankara en Afrique est une base d’entraînement pour les troupes somaliennes.

JAPON
Djibouti
Depuis 2011, un contingent de 180 soldats occupe un site d’une superficie de 12 hectares, à côté de Camp Lemonnier. Le Japon va agrandir ce poste avancé pour contrer l’influence chinoise ; cette décision est liée au nouvel engagement stratégique avec l’Afrique, souligné par la sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique, organisée en 2016 à Nairobi.

ITALIE
Libye
Rome possède une base militaire à Misrata, au centre du pays où stationnent 300 hommes. Elle possède également une base maritime à Tripoli et des forces de sécurités pour garder sa mission diplomatique. Les gardes du corps du Premier ministre libyen sont aussi des Italiens. L’Italie a le droit d'utiliser le ciel et les eaux territoriales libyennes. Elle a décidé de porter à 400, le nombre de ses hommes à Tripoli.

Niger
Les députés italiens ont entériné le 17 janvier dernier le déploiement d'une mission militaire au Niger afin d'aider les autorités locales à renforcer le contrôle du territoire par lequel transitent des nombreux migrants en direction de l'Europe. Ce contingent estimé à environ 470 soldats dotés de 150 véhicules, sera issu des effectifs détachés en Irak. Toutefois, le gouvernement nigérien nie avoir été consulté à ce sujet. Des pourparlers seraient en cours.

BELGIQUE
Mali
90 soldats belges assurent la sécurité des instructeurs européens détachés à Koulikouro dans le cadre de la Mission Européenne d’Entraînement au Mali (EUTM).

RUSSIE
Centrafrique
200 instructeurs des forces spéciales russes sont présents depuis le début de l’année à Bangui pour la formation des forces armées centrafricaines.

ARABIE SAOUDITE
Djibouti
Après s’être disputé avec Djibouti, Riyad finalise un accord pour la construction d’une nouvelle base. L’Arabie Saoudite est à la tête de la coalition qui lutte contre les rebelles houthis au Yémen, de l’autre côté du détroit de Bab-el-Mandeb.

EMIRATS ARABES UNIS
Erythrée
En 2015, les Emirats arabes unis ont lancé le développement du port en eau profonde d’Assab, mis en suspens un temps, et une piste de 3500 mètres de long, capable d’accueillir de grands avions de transport. Assab constitue le principal centre logistique des EAU pour toutes leurs opérations au Yémen, y compris le blocus maritime des ports de Mokha et Hodeida, situés sur la mer Rouge. En retour, le gouvernement érythréen, isolé, a reçu des aides financières et des aides à l’infrastructure

Libye
Les Emirats lancent des frappes aériennes par avions et drones contre les insurgés, depuis l’aéroport d’Al-Khadim, situé dans l’est du pays, en soutien à l’armée nationale libyenne qui combat les militants djihadistes.

Somalie
Les EAU forment et équipent les unités de lutte contre le terrorisme de l’Agence nationale somalienne de Renseignement et de Sécurité. Elles apportent également un soutien à la force de police maritime du Puntland, qui aurait joué un rôle dans l’interception d’armes iraniennes destinées aux rebelles houthis.

Somaliland
Les EAU ont signé un bail de 30 ans sur une base navale et aérienne sur le port de Berbera. Ils auraient fourni également un entraînement militaire et apporté une garantie de sécurité à ce territoire somalien autoproclamé indépendant.
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Re: L’Afrique devient à nouveau un enjeu militaire majeur

Message par Mattle1 » 09 mai 2018, 09:05

En Syrie, la guerre très spéciale de la France
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/art ... fboEbFR.99

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Re: L’Afrique devient à nouveau un enjeu militaire majeur

Message par Mattle1 » 24 mai 2018, 06:48


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