De la diminution des forces prépositionnées

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Ce groupe de discussion est ouvert à tous, sans distinction d'Arme, d'origine ou de niveau hiérarchique ou social.

MAIS, il n'a pas à être pollué par des jugements stupides et stériles qui sont insultants pour ceux qui sont visés, et témoignent de la part de ceux qui s'y adonnent d'une absence totale de l'une des qualités majeures du marsouin, à savoir le respect de l'autre.
Ce groupe de discussion a été le premier du genre et il convient qu'il continue a montrer aux nombreux visiteurs qui s'y rendent, la bonne tenue des Forces Armées Françaises.

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De la diminution des forces prépositionnées

Message par Rédacteur » 08 févr. 2013, 00:09

http://lemamouth.blogspot.fr/2013/02/40 ... -font.html
06/02/2013
[...]
Autre leçon de Serval : avec les diminutions de format et les réformes successives, les parcs de matériels prépositionnés sont notoirement insuffisants. Une partie, infime, mais une partie quand même pourrait bien rester dans la zone. Et une autre, comme un ministre l'a promis, servira à payer en nature l'aide française au Mali.

http://archives.gouvernement.fr/fillon_ ... nnees.html
14/12/2011
La réorganisation des forces prépositionnées
Le ministre de la défense et des anciens combattants a présenté une communication relative à la réorganisation des forces prépositionnées.
En 2008, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a défini la nouvelle politique de la France pour garantir la sécurité du pays, assurer la défense de ses intérêts dans le monde et contribuer à l’affirmation de l’Europe sur la scène internationale.
Dans ce cadre, le dispositif des forces prépositionnées poursuit son adaptation aux nouveaux enjeux de l’arc de crise allant de l’Atlantique à l’océan Indien ainsi qu’en Afrique subsaharienne.
Dans le Golfe, la base des forces françaises à Abu Dhabi (Emirats arabes unis), créée en 2008, achèvera sa montée en puissance en début d’année 2012.
En Afrique, le Président de la République avait, dans son discours du Cap en février 2008, fixé les axes de la nouvelle politique de défense décrite dans le Livre blanc : la rénovation des accords de défense, une présence militaire dédiée en priorité à la montée en puissance du dispositif de sécurité collective de l’Union africaine, la volonté de faire de l’Europe un partenaire majeur pour l’Afrique en matière de paix et de sécurité, conformément aux conclusions du sommet de Lisbonne de décembre 2007. Depuis le 1er août 2011, le nouveau dispositif en Afrique s’articule autour de deux bases opérationnelles avancées (Djibouti et Gabon) et de deux pôles opérationnels de coopération à vocation régionale (Tchad et Sénégal) ayant pour rôle d’entretenir une coopération de défense mais aussi de servir de point d’appui pour d’éventuelles opérations de paix dans la région.
En termes d’effectifs, le dispositif des forces prépositionnées a connu une diminution d’environ 1000 postes cette année et compte actuellement 5340 militaires. L’objectif est de 4100 militaires en 2014.

http://lignesdedefense.blogs.ouest-fran ... nnees.html
14/12/2011
Objectif: 4 000. De moins en moins de forces prépositionnées
es forces françaises prépositionnées à l'étranger comptent actuellement 5 340 militaires, soit un millier de moins qu'il y a un an, et leurs effectifs devraient être ramenés à 4 100 en 2014, selon le ministre de la Défense. Gérard Longuet a précisé, mercredi, en conseil des ministres, que "le dispositif des forces prépositionnées poursuit son adaptation aux nouveaux enjeux de l'arc de crise allant de l'Atlantique à l'océan Indien, ainsi qu'en Afrique subsaharienne".
En Afrique, "depuis le 1er août 2011", le nouveau dispositif s'articule "autour de deux bases opérationnelles avancées (Djibouti et Gabon) et de deux pôles opérationnels de coopération à vocation régionale (Tchad et Sénégal) ayant pour rôle d'entretenir une coopération de défense, mais aussi de servir de point d'appui pour d'éventuelles opérations de paix dans la région", selon le ministre. La France compte actuellement environ 950 militaires prépositionnés au Tchad, 450 au sein de la force Licorne en Côte d'Ivoire et 300 à Dakar (EFS). Les militaires français sont environ 2 000 à Djibouti et un millier au Gabon.

http://www.senat.fr/rap/a11-108-7/a11-108-716.html
Projet de loi de finances pour 2012 : Défense : préparation et emploi des forces
2. Les forces prépositionnées : la montée en puissance de la base d'Abu Dhabi
a) La France dispose de forces prépositionnées dans quatre pays.
La France dispose de forces prépositionnées dans quatre pays. Elle stationne traditionnellement des unités dans trois anciennes colonies d'Afrique avec lesquelles elle est liée par des accords de défense : le Sénégal, Djibouti et le Gabon.
Les forces présentes depuis parfois fort longtemps en Côte d'Ivoire ou au Tchad ne figurent pas dans le dispositif des forces prépositionnées, s'agissant d'opérations extérieures en cours. Une fois celles-ci terminées, nos forces auront vocation à rentrer dans leur totalité en France. De la même manière, l'Allemagne n'apparaît plus dans la liste des pays qui accueillent des forces prépositionnées. En revanche, une nouvelle implantation a été inaugurée en mai 2009 à Abou Dhabi, aux Émirats Arabes Unis.
En 2011, les évolutions majeures portent sur :
- la dissolution du 23e BIMa au Sénégal avec la constitution du pôle opérationnel de coopération des éléments français au Sénégal (POC EFS) au 1er aout 2011 ;
- le départ de la 13e DBLE de Djibouti à l'été 2011 ;
- la phase finale de la montée en puissance de l'implantation militaire française aux Emirats Arabes Unis (EAU).

Tableau : Identité des unités constituant les forces prépositionnées

La montée en puissance de l'implantation française aux Émirats arabes unis (+ 142 en 2010), est plus que compensée par la diminution des effectifs stationnés au Gabon (- 43) et surtout à Djibouti (- 147). Les forces présentes dans ce pays devraient continuer à baisser dans les années à venir, jusqu'à s'établir aux alentours de 1 900 militaires.

Tableau : Effectifs des forces prépositionnées au 30 juin 2010

Les surcoûts occasionnés par des forces prépositionnées par rapport au stationnement en métropole sont principalement de deux ordres :
- les rémunérations, dont les majorations varient selon les pays de stationnement. Le surcoût global en rémunérations et charges sociales des postes prépositionnés à l'étranger se montait, en 2008, à 144,6 millions d'euros.
Grâce à la légère diminution des effectifs, mais aussi en raison de l'augmentation des personnels de courte durée par rapport aux personnels permanents, une nette diminution a été enregistrée en 2010 : 110 millions d'euros.

Tableau : Surcoût en rémunérations des forces prépositionnées

Au PLF 2012, la montée en puissance des Forces françaises aux Emirats arabes unis (FFEAU) se traduit par une mesure nouvelle en matière de titre 2, de 6 millions d'euros. Par ailleurs, la réorganisation des forces de présence en Afrique se poursuit en 2012.
- le transport, dont le coût varie selon le mode de transport retenu et la destination. Le tableau ci-après présente le coût du fret acheminé par voie maritime et aérienne en 2009 et 2010. Les coûts relatifs à la voie maritime comprennent les affrètements de navires rouliers et le recours à la voie maritime commerciale.

Enfin, la France est redevable d'une contribution annuelle forfaitaire de 30 millions d'euros au gouvernement de la république de Djibouti, en compensation de l'implantation de forces françaises sur son territoire, conformément à la convention bilatérale du 3 août 2003, actuellement en cours de renégociation.
Cette contribution comprend :
- une part fixe de 16 millions d'euros ;
- le montant annuel forfaitaire de l'aide fournie au ministère djiboutien de la défense, destinée à l'acquisition de matériels français (5 millions d'euros) ;
- le montant annuel des actions civilo-militaires réalisées au profit de la population civile djiboutienne (0,2 millions d'euros) ;
- le montant annuel de l'impôt sur le revenu du personnel des FFDj, reversé au fisc djiboutien ;
- les taxes et prélèvements (y compris la TVA) payés par les FFDJ ;
- enfin, la somme libératoire, ou ajustement, qui correspond à la différence entre les 30 millions d'euros dus et le cumul des cinq montants cités précédemment.
Ainsi, 26,6 millions d'euros ont été inscrits au PLF 2012 pour financer cette contribution.
* 8 Forces spéciales incluses.
* 9 Les chiffres pour l'année 2010 sont issus du bilan CPCO 2010.
* 10 Données pour juin 2011.
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Re: De la diminution des forces prépositionnées

Message par Rédacteur » 08 févr. 2013, 00:11

http://www.rfi.fr/afrique/20130207-mali ... ation-cout
07/02/2013 - RFI
Avoir des forces prépositionnées autour du théâtre d’opération, ça limite les coûts
L’opération Serval au Mali en chiffres, c’est 4 000 soldats français mobilisés et 70 millions d’euros dépensés à ce jour. Un chiffre révélé ce matin, jeudi 7 février, par le quotidien Le Parisien, et qui a été confirmé par le gouvernement français. Peer de Jong est un ancien colonel des troupes de marine, professeur à l’Ecole de guerre économique (EGE) à Paris. Il a fondé Strike Global Services, qui forme des forces africaines. Il répond aux questions de Nicolas Brousse.

RFI : Ces 70 millions d’euros, cela couvre quelles dépenses exactement ?

Peer de Jong : Cela couvre les dépenses exceptionnelles, c'est-à-dire en dehors des rémunérations des militaires qui sont projetées. Ca concerne la logistique, les carburants et tout le surcoût qui est lié à cette opération.

On s’aperçoit qu’il y en a pour 50 millions de frais de transport ? Ca paraît beaucoup par rapport à ces 70 millions...

Il faut voir le détail, parce que dans les frais de transport, vous avez bien sûr toute la partie maritime, et tout ce que coûte le carburant des bateaux, etc. C’est assez cher, avec bien sûr l’ensemble de la prestation. Puis il y a un deuxième volet qui est la location des avions de transport. Les Français ont très peu d’avions de transport - on a encore des Transall et quelques avions américains. Et aujourd’hui, dès qu’il y a une très grosse opération, il faut impérativement avoir l’assistance logistique d’autres pays. Ce sont souvent des avions russes d’ailleurs qui nous aident pour transporter les matériels et les personnels. C’est cela que représente cette somme, en gros, de 50 millions d’euros.

L’avantage du Mali par rapport à un autre théâtre de conflit comme l’Afghanistan, c’est que c’est relativement proche de la France. C’est un avantage décisif pour les forces françaises ?

Il y a deux avantages. Le premier, c’est que les distances ne sont pas très éloignées. Et elles sont en même temps sur le même fuseau horaire. Globalement, on travaille en temps réel. La deuxième chose, c’est l’ensemble des forces prépositionnées qui se trouvent autour du Mali. Avant le début de l’opération, on avait des forces même de niveau faible au Tchad. On en avait un petit peu au Burkina Faso, en RCA, en Côte d’Ivoire et on en a encore un petit peu au Sénégal, des formateurs. En fait, on avait autour du Mali un ensemble de forces disponibles, rapides, instantanément. Donc on a pu les utiliser et bien évidemment, le fait d’avoir des forces prépositionnées autour du théâtre d’opération, ça limite les coûts.

Grâce au retrait d’Afghanistan, la France a pu se lancer au Mali. Est-ce qu’on avait suffisamment de soldats, suffisamment de moyens pour être sur plusieurs théâtres d’opérations en même temps ?

Oui. 4 000 hommes, ça représente globalement 8 000 hommes. Ca veut dire que vous avez 4 000 hommes sur le terrain, et que vous en avez 4 000 qui se préparent à des relèves. Aujourd’hui, l’armée française est quand même capable d’avoir, même dans le court terme, deux opérations simultanées. En Afghanistan, on avait en gros 4 000 hommes. Mais on aurait pu faire les deux en même temps. Encore une fois, aujourd’hui, le fait qu’on se désengage d’Afghanistan fait qu’on a des forces disponibles, donc ça permet de mettre en place des forces disponibles, préparées, entraînées, sur le Mali. Mais la France est capable d’avoir deux têtes d’opérations à 5 000 hommes dans le monde. C’est quand même une armée de terre qui fait en gros 100 000 hommes. Il y a encore l’armée de l’air et la marine. Encore une fois, deux fois 5 000 hommes, ce n’est pas du tout impensable. D’ailleurs, on verra les conclusions du Livre blanc qui va sortir dans les semaines qui viennent. La demande qui sera faite aux armées dépasse bien évidemment plus de 10 000 hommes instantanément.

L’économie française n’est pas au mieux de sa forme. Le ministre du Travail Michel Sapin a parlé le mois dernier d’un « Etat en faillite ». Un avis qui est partagé par 63% des Français, selon un sondage. Mais pour vous, c’était quand même le bon timing pour monter cette opération Serval ?

Le timing, ce sont les contraintes politiques et militaires locales qui l'ont imposé. Les Français n’ont pas eu le choix. C’est un choix politique. Et le choix politique est d’engager les troupes françaises. Je rentre d’Afrique où je passe beaucoup de temps. Aujourd’hui, l’impact de la décision de François Hollande d’intervenir en Afrique est très important. Dans tous les pays africains aujourd’hui, on loue le courage, la décision de l’Etat français. Et ça, c’est bon pour nous tous. Quelque part en même temps, ça recrée des liens, ça rassure nos partenaires africains. Et globalement, à la limite, je dirais, c’est un investissement pour le moyen et long terme.

Vous dites que c’est bon pour nous tous, que c’est un investissement pour le moyen et long terme. Mais pour l’instant, la communauté internationale ne donne pas trop d’argent. Il y a des promesses mais pour l’instant, c’est la France qui assume l’essentiel des dépenses.

Encore un fois, cela reflète le rapport que les autres pays ont à l’Afrique. Nous les Français, on a un rapport à l’Afrique qui est très ancien, qui est historique. On a des relations partenariales avec les Africains, très anciennes. Donc aujourd’hui, on est obligé de le faire. Bien évidemment, on voit bien que pour régler le problème des Maliens, il faut que la communauté internationale prenne en compte ce problème là, qui est le problème de la stabilisation du Sahel et qui dépasse le cadre français et le cadre malien. Mais il faut bien sûr trouver un système international qui stabilise cette région et permette enfin de mettre la paix en place. Aujourd’hui, la France ne peut gérer à elle seule l’ensemble du problème terroriste qui est positionné sur le Sahel. Il faut que la communauté internationale s’intéresse à cela. Et aujourd’hui, l’objectif des Français, c’est d’impliquer davantage de pays, de grands pays, pour financer et pour mettre en place un système qu durera un certain nombre d’années. D’où le besoin qu’ont les Français de demander aux Nations unies d’intervenir. C’est qu’aujourd’hui, vous avez globalement le système purement français, avec la Cédéao [Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, ndlr] qui ne suffit pas en tant que tel.

Le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, l’a d’ailleurs confirmé : la France œuvre pour la mise en place d’une opération de l’ONU pour le maintien de la paix, dès avril. Et il le dit lui-même : l’avantage c’est de se mettre sous le chapeau des Nations unies et sous le financement des Nations unies. Est-ce la seule solution pour la suite ?

Aujourd’hui, il faut pérenniser l’action des Français. Les Français ne vont pas rester au Mali. Il va rester probablement quelque chose de résiduel dans les mois qui viennent, dans les semaines qui viennent, et on va assister à des engagements progressifs. Le premier point, c'est que ce n’est pas le rôle de la France de stabiliser l’ensemble du Mali et l’ensemble de la zone sahélienne. Le deuxième point, c'est qu'il faut trouver une solution alternative. La Cédéao, avec la Misma [Mission internationale de soutien au Mali, ndlr], peut être cette solution alternative. Mais compte tenu de l’état des financements des pays africains, et compte tenu de l’état des armées africaines, il faut bien sûr les soutenir. Mais aujourd’hui, seules les Nations unies ont l’habitude et sont capables de financer un programme lourd inscrit dans le temps.

Une guerre plus chère que la Libye et l’Afghanistan ?

70 millions d'euros, c'est le chiffrage lâché, hier mercredi, par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian devant les députés français, lors d'une audition à huis clos. Un chiffre en phase avec ses précédentes déclarations. Lors d'une interview accordée à RFI le 23 janvier dernier, donc deux semaines après le début des opérations, le ministre avait évalué le coût des deux premières semaines à 30 millions d'euros.

L'essentiel des dépenses aura été consacré à l'acheminement des militaires français et du matériel vers la zone d'opération : 50 millions d'euros pour le transport des 4 000 soldats actuellement présents sur le terrain. « Nous avons acheminé 10 000 tonnes de matériel en quinze jours. C’est autant que ce que nous avons transporté en un an lors du retrait d’Afghanistan », indique le ministère de la Défense cité par Le Parisien.

Outre ces coûts logistiques, il faut inclure le coût de l’utilisation du matériel, plus intensive qu’en période d’entraînement. Sachant qu’une heure de vol pour un mirage 2000 est d'environ 12 000 euros et que pour un Rafale, c'est largement plus : près de 27 000 euros l'heure.

A quoi il faut ajouter les primes versées aux hommes engagés sur le terrain, qui sont doublées voire triplées lors des opérations extérieures. Un surcoût qui aurait déjà coûté cinq millions d'euros.

2,7 millions d’euros par jour

Depuis le début du conflit, l’opération Serval coûte chaque jour en moyenne 2,7 millions d’euros à la France. C’est plus que la guerre en Libye, où la France avait déboursé 1,6 millions d’euros chaque jour et que l’Afghanistan, 1,4 millions d’euros par jour. Mais le ministère de la Défense argue que « ce calcul n'est pas pertinent. On ne peut pas comparer des conflits de durée et de nature très différents ».

Cela dit, si l'on en croit les déclarations des ministres français, l'opération ne devrait pas coûter excessivement cher. Le retrait devrait s'amorcer dès mars, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Avec de nouveaux coûts donc… Mais le coût total pourrait donc être couvert par la ligne budgétaire affectée préventivement aux opérations extérieures, une ligne de 630 millions d'euros.
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Message par Rédacteur » 08 févr. 2013, 14:42

http://www.slate.fr/tribune/67961/mali- ... ons-serval
06/02/2013 à 12h35
Mali: Les cinq leçons de l'opération «Serval» de l'armée française
Comme l'a rappelé François Hollande à Tombouctou et Bamako, le samedi 2 février, la France restera le temps qu'il faudra au Mali. Mais au delà, ou plutôt en-deçà de cette volonté politique, il s'agit de tirer les premiers enseignement de l'opération «Serval», au moment même où la Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité s'apprête à remettre sa copie au président de la République.

Après une année 2011 riche sur le plan opérationnel, l’année 2012 a été marquée par le désengagement d’Afghanistan. 2013, semble commencer avec un nouveau rythme. Engagée sous la pression d’une offensive terroriste qui visait la capitale du Mali, la réaction militaire de la France intervient au moment même où la Commission du Livre blanc pour la défense et la sécurité s’apprête à rendre sa copie au président de la République.
Parallèlement, la France est également intervenue en Somalie. Dans son premier bilan comme dans leurs projections, la conduite de ces opérations permet déjà un premier retour d’expérience, «à chaud» comme disent les militaires, riche de cinq principaux enseignements.
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1. Le premier constat générique n’est pas une grande découverte mais doit inlassablement être rappelé. Nécessité impérieuse liée à sa souveraineté et la défense de ses intérêts, notre pays doit continuer à disposer d’une force interarmées de réaction rapide dotée de moyens modernes et crédibles constituant une «capacité d’entrer en premier», comme disent les stratèges. Leur discours de la méthode reste imparable: «J’interviens en premier donc je suis!»… il n’est que voir les réactions internationales unanimes de soutien à la France.

2. Pour être crédible, c'est-à-dire réactive et polymorphe, sinon dissuasive, cette capacité doit pouvoir s’appuyer des segments de «projection de puissance». Une force de réaction rapide enracinée, inerte et hyper-territorialisée ne sert à rien. Les méfaits du syndrome «Ligne Maginot» ne sont plus à démontrer.
Les guerres d’aujourd’hui sont sans foi ni loi, sans ligne de front ni stabilité de perspective. Elles se caractérisent principalement par la «fluidité» et des mouvements «rhizomatiques» ne répondant surtout pas aux logiques cartésiennes d’arborescence mais à des progressions en «bubons» rappelant la propagation des pestes noires moyenâgeuses. Cette nouvelle biologie de la guerre dont les foyers sahélo-malien et somalien illustrent l’une des mutations majeures requiert le développement et l’entretien de capacités de projection de puissance à partir de la terre et à partir de la mer.
Forces et projections terre/mer forment désormais une indissociable unité organique. A ce titre, les points d’appui en Afrique ont été essentiels comme l’a été l’engagement discret d’un BPC (Bâtiment de projection et de commandement/porte-hélicoptères) au large de la Somalie. En 2011, les mêmes moyens avaient été aussi déployés devant la République de Côte d’Ivoire.

3. Aucune nation —pas même l’hyper-puissance américaine ni les émergents—, ne peut aujourd’hui anticiper, traiter et accompagner seule, les métastases de la biologie des guerres actuelles. L’opération «Serval» le confirme tout particulièrement: les objectifs politiques partagés d’une guerre moderne induisent quasi-géométriquement le «partage», en amont de plusieurs moyens de production de la puissance. Plus concrètement, cet «amont stratégique» génère des coûts financiers progressivement partagés et une mutualisation de la logistique: soutien, transports des hommes et du matériel. Il paraît évident et logique que l’Europe de la défense puisse ici prouver sa pertinence.
Pour Serval, si la France fournit les capacités de combat, plusieurs pays européens lui apportent désormais des moyens de transport, notamment dans le domaine aérien. A défaut d’une réelle mutualisation qu’offrira peut-être l’Airbus A400M, n’y a-t-il pas là, d’ores et déjà, une coopération opérationnelle de nature à optimiser les investissements des Européens dans leur défense?

4. L’«aval stratégique» des guerres modernes concerne les problématiques de la relève et de la stabilisation. Partageant des objectifs politiques communs donc la mutualisation de la logistique, la communauté internationale et ses coalitions ponctuelles doivent également assumer le suivi empêchant ainsi qu’une seule nation ne joue le rôle de gendarme du monde. Là encore «Serval» est emblématique. Voilà plus d’un an que la diplomatie française a initié une séquence onusienne de riposte aux crises sahéliennes (résolutions 2071 et 2085), confiant la gestion suivie et consolidée des menaces aux forces régionales de la CEDEAO, avec le soutien de l’Union africaine et de l’Union européenne.
Après l’urgence, parfaitement assumé par les forces françaises qui ont pu empêcher la prise de Bamako par les factions terroristes sahéliennes, les armées africaines prendront le relais avec les soutiens logistiques et des dispositifs appropriés de formation. Comme le répète à l’envie le Président de la République, la France n’a pas vocation à rester au Mali, et la stabilisation sera bien l’affaire des troupes de l’ONU.

5. Enfin, l’opération «Serval» —qui devrait rassembler environ 2.500 hommes—, dans ses quatre précédents retours d’expérience converge sur un constat central et générique pour l’avenir des capacités françaises de défense. Elle démontre que l’heure n’est plus aux troupes nombreuses et mal équipées mais à des forces resserrées parfaitement dotées, entraînées et capables de réagir immédiatement. «Serval» confirme la pertinence d’un constat plus ancien. Au plus fort de l’implication française en Afghanistan et bien que des carences d’équipement aient cruellement été ressenties en début d’opération, les troupes au sol n’ont jamais dépassé 4.000 hommes.

Eric Denécé et Etienne de l’Ancroz
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