Quand les soldats à projeter sont mis en pool ou en parc

Le babillard, c'est à dire ce groupe de discussion est mis à votre disposition pour :
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    - Faire part de vos reflexions sur des sujets militaires, ou plus généralement sur les sujets traités sur ce site
Ce groupe de discussion est ouvert à tous, sans distinction d'Arme, d'origine ou de niveau hiérarchique ou social.

MAIS, il n'a pas à être pollué par des jugements stupides et stériles qui sont insultants pour ceux qui sont visés, et témoignent de la part de ceux qui s'y adonnent d'une absence totale de l'une des qualités majeures du marsouin, à savoir le respect de l'autre.
Ce groupe de discussion a été le premier du genre et il convient qu'il continue a montrer aux nombreux visiteurs qui s'y rendent, la bonne tenue des Forces Armées Françaises.

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Quand les soldats à projeter sont mis en pool ou en parc

Message par Rédacteur » 10 avr. 2013, 13:24

http://lignesdedefense.blogs.ouest-fran ... ction.html
L'atomisation? Rien à voir avec le sort que la Corée du Nord réserve à Séoul et Guam! C'est l'éclatement des unités avant leur projection du fait des conditions minimales imposées par les RH. Pour les militaires, c'est un phénomène connu; mais bien des néophytes et des civils ne devinent pas ce casse-tête, ses raisons et ses implications. Un petit coup de projecteur s'impose.

De ces consignes, il faut retenir, en particulier, les normes de désignation des EVAT de l'armée de terre pour la projection:
- 18 ans d'âge (sinon ce sont des enfants-soldats),
- 6 mois de service avant la mise en condition avant projection (MCP),
- 12 mois de service minimum pour l'opération Pamir (Afghanistan), 10 mois pour les compagnies Guépard, pour l'opération Serval (ainsi que pour Licorne, Epervier, Harpie et les ops au Gabon, RCA, Liban, Kosovo), 8 pour les forces de présence (EAU, Djibouti, Sénégal), 6 pour les forces de souveraineté.

Ajoutons aux jeunes engagés écartés des projections: les inaptes temporaires, les stagiaires et les autres personnels non projetables pour des raisons personnelles et l'on comprend que le processus de fractionnement d'une unité s'intensifie et que les effectifs (on devrait parfois parler de sous-effectifs) soient réduits (et ça sera pire avec 15 000 terriens en moins!). D'où des adaptations...

Cette atomisation oblige à une forme de cannibalisation qui permet à un chef de corps de mettre sur pied une unité projetable en suivant scrupuleusement les consignes de la DRHAT (voir le memento des procédures de relève pour les opex et les missions outre-mer et à l'étranger), quitte à piocher dans tous ses escadrons, compagnies etc, pour former des unités "de marche".

Sur le terrain, ces normes sont diversement vécues.

Deux témoignages qui illustrent les difficultés et l'adaptation consentie:

"Le détachement de mon régiment d'infanterie parti au Mali était constitué de deux compagnies formées chacune de sections hétéroclites, montées parfois had hoc avec le personnel répondant aux normes administratives. Ces deux unités ont laissé près de 60 jeunes soldats en base arrière chacune, déséquilibrant d'autant les compagnies à qui elles ont "emprunté" le personnel manquant. Je sers depuis plus de 25 ans dans des régiments d'infanterie professionnels...et j'ai rarement vu une telle gabegie. Cela se voit au niveau du GTIA. Comment concevoir que le GTIA TAP soit fait à partir de deux unités distinctes, quand ces deux régiments possédaient assez de monde pour former un bataillon homogène ? De telles alertes, si elles avaient eu lieu il y a 20 ans, même 10 ans auraient vu le régiment se vider de tout son petit monde sans autre forme de procès ! Aujourd'hui, les chefs de BOI et les DRH se tirent des balles dans la tête à devoir monter ces mikados opérationnels !
Et pendant ce temps là, on nous vante les réussite de notre armée au Mali. Qu'en serait-il de la cohésion de telles unités dans un conflit de haute intensité, face à la Corée du Nord comme en 1950 ? Difficile de se battre avec des gens que l'on n'a pas formés, que l'on ne connaît pas; difficile de vanter notre premier système d'armes, l'homme, quand celui-ci est mis en "pool", tel un véhicule blindé.
Faites pour l'Afghanistan, dans le cadre de GTIA à la préparation et au déploiement normés, ces mêmes normes sont adaptées aujourd'hui à l'alerte Guépard. Or, une compagnie, et les sections qui la compose sont souvent constituées de véritables "mille-feuille" générationnels. En cas de départ, les plus jeunes sont laissés sur le carreau, en "base arrière", et remplacés par des éléments éparses ou constitués en provenance d'autres compagnies. Les chefs de section et commandants d'unité se mettent donc à travailler avec des personnes qu'ils ne connaissent pas.

Autre témoignage: un régiment a fourni, pour Serval, une compagnie en alerte Guépard mais l'EMA en a demandé une deuxième qu'il a fallu monter en moins d'une semaine.
"Pour ce faire, nous avons engagé sur volontariat des personnels qui venaient de rentrer d'opex. Nous avons donc dérogé aux textes sur les temps entre deux projections en partant du principe que c'était une alerte et pas un départ en opex planifié... En revanche, tous les soldats sont partis formés, instruits et qualifiés. Sur ce plan là, nous n'avons pas "interprété" les textes. Ils ont donc tous plus d'un an de service et répondent aux descriptions des postes demandés. Les deux compagnies ont été complétées en piochant dans tout le régiment. Il n'y a pas que les véhicules qui sont mis en parc!
Cela fait des années que cela dure et l'atomisation frappe tous les régiments. Ceux-ci sont totalement destructurés et cela engendre de grands soucis de suivi du personnel (formation mais aussi connaissance intime de nos gars). Tout cela a des conséquences sur la fidélisation et la confiance envers les chefs. Malgré tout, on y arrive".
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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Jeanlouis
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Re: Quand les soldats à projeter sont mis en pool ou en parc

Message par Jeanlouis » 13 avr. 2013, 09:37

J'veux pas porter la poisse mais si une guerre se déclenche sur notre sol on va être dans sacré me.... car malgré le professionalisme de nos hommes et femmes on ne pourra jamais tenir une seule journée ca sera encore pire qu'en 1940 car les pays européens dont on nous rabaches les oreilles on eux aussi fait des coupes drastiques dans leur défense, et en attendant Poutine à réarmer son armée en la modernisant et en la dévellopant, il suffit de voir ce qu'il c'est passé avec la Géorgie une division russe a suffi pour envahir et rétablir un gouvernement pro russe, Poutine ce jour là a fait d'une pierre deux coups en montrant à la façe du monde le retour des russes et de leur puissance militaire.
Il faut pas se leurrer l'OTAN dont tout le monde parle et moribonde et face à elle nous avons les russes, les chinois etc... sans compter les islamistes qui se sont infiltrés dans tous les pays qu'ils considèrent infidèles et peuvent déclencher des frappes terroristes ou autre sans être trop inquiétté par les services de renseignements qui font la guéguerre avec les forces de l'ordre locale (l'affaire Mhéra en est un exemple malheureusement flagrant).
Déjà en 1988 durant mon service l'ont nous avaient dit que la France avait pour mission de bloquer les russes dans une troué en Allemagne (un des passages obligés pour une invasion)et qu'elle ne pourrait tenir de façon coordonnées que 48 heures tout le monde le savait mais ces 48h00 devaient permettre à l'OTAN de déclancher une contre offensive, autant vous dire que dans la salle on aurait pu entendre une moche péter et pourtant à l'époque nos forces (matériels, effectifs etc...)étaient différentes alors maintenant je préfères même pas imaginé le résultat :pasdrole: :pasdrole:

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Re: Quand les soldats à projeter sont mis en pool ou en parc

Message par Jeanlouis » 14 avr. 2013, 07:58

Juste un article paru sur le blog http://www.opex360.com/2013/04/13/pour- ... quietudes/qui conforte hélas ce que j'ai écrit précedemment:

Pour le général américain Philip Breedlove, la Russie reste une source d’inquiétudes
13 avril 2013 – 17:44
Les relations entre Washington et Moscou sont tendues actuellement, et cela, malgré la politique de “reset” voulue par le président Obama. Parmi les dossiers épineux, il y a par exemple la situation en Syrie, où le régime de Bachar el-Assad est soutenu par la Russie, l’affaire de la liste “Magnitski“, du nom de ce collaborateur du fonds d’investissement Hermitage Capital mort, a priori des suites de mauvais traitements, dans une prison en novembre 2009 après avoir mis au jour une vaste affaire de corruption de 230 millions de dollars impliquant l’administration fiscale russe. Et c’est sans oublier la mise en place de la défense antimissile américaine, et par extension, celle de l’Otan.

C’est donc dans ce contexte que le général Philip Breedlove, appelé à devenir le commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), a affirmé, le 11 avril, devant le sénat américain, que la Russie “restera la première source d’inquiétude dans la région d’ici 2020 (ndlr, en Europe) en raison de sa situation géographique, de ses ressources naturelles, de ses forces militaires et de son désir d’influence régionale, même si elle fait face à des faiblesses systémiques.”

Aussi, d’après lui, “les Etats-Unis et l’Otan devront montrer leur soutien à leurs alliés qui vivent dans la sphère d’influence autoproclamée par la Russie.”

L’estimation du général Breedlove n’est pas nouvelle. Dans son rapport de prospective intitulé “Global Trends 2030″, le renseignement américain avait déjà indiqué que, compte tenu de sa dépendance à l’égard de ses ressources naturelles, “si la Russie ne parvient pas à créer une économie plus diversifiée et un Etat plus libéral, elle pourrait devenir une menace pour la sécurité régionale et globale.”

Et de donner 3 scénarios possibles, dont l’un prédisant que la Russie serait susceptible de devenir “une source de graves problèmes” qui cherchera à utiliser sa puissance militaire afin d’intimider et dominer ses voisins.”

En France, la Délégation aux Affaires Stratégique (DAS) n’est pas loin de penser la même chose. “En Asie centrale, l’influence russe est contestée par la Chine, qui pourrait devenir, à terme, le principal partenaire économique et politique des pays de la région. Dans ces conditions, le sentiment d’encerclement et d’affaiblissement de son influence pourraît croître en Russie et provoquer des réactions politiques brutales”, a-t-elle estimé dans un rapport publié en 2012.

Cela étant inquiétude ne veut pas dire hostilité. Ainsi, le général Breedlove a défendu la nécessité de tendre la main à Moscou et d’arrêter de considérer ou de traiter la Russie comme un ennemi mais de chercher à en faire un partenaire.

“Nous continuons de penser que la coopération avec la Russie sur la défense antimissile permettrait d’améliorer la sécurité à la fois de l’Otan et de la Russie”, a-t-il, entre autres, plaidé.

Seulement, arriver à faire de la Russie un partenaire ne sera pas une chose aisée. La nouvelle doctrine militaire russe approuvée en février 2010 par le Dmitri Medvedev, qui a assuré l’interim de Vladimir Poutine au Kremlin pendant 4 ans, place en effet l’Otan au premier rang des menaces alors que le terrorisme, véritable enjeu sécuritaire dans les régions caucasiennes, est classé 10e. Qui plus est, le regard des militaires russes sur l’Ouest n’a pas beaucoup évolué depuis la chute de l’URSS.

Maintenant certains diront oui mais les russses sont des partenaires éconimiques avec la France...donc attendons mais une chose est sur on ne devrais plus attendre longtemps (peut être une décennie si on a de la chance)et là on risque d'avoir très mal ou je pense :triste1:

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Re: Quand les soldats à projeter sont mis en pool ou en parc

Message par Mattle1 » 21 avr. 2014, 09:23

Pour le général américain Philip Breedlove, la Russie reste une source d’inquiétudes
Il a raison de bougre.. :berk1:

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Re: Quand les soldats à projeter sont mis en pool ou en parc

Message par Mattle1 » 21 avr. 2014, 10:04

Comment ça bouge pour nos soldats
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