SANGARIS : RCA 2013

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SANGARIS : RCA 2013

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:34

PARIS, 09 déc 2013 (AFP) - La France a déployé environ 1.600 militaires en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris, des troupes expérimentées issues notamment à la 11e Brigade parachutiste. Voici le détail des unités sur le terrain:
Le dispositif comprend, selon le ministère de la Défense, des compagnies de combat venant des:
- 1er Régiment de hussards parachutistes (1er RHP) de Tarbes (Hautes-Pyrénées),
- 1er Régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) de Pamiers (Ariège),
- 21e Régiment d'infanterie de marine (21e RIMa) de Fréjus (Var),
- 8e Régiment de parachutistes de l'infanterie de marine (8e RPIMa) basé à Castres (Tarn),
- 6e Bataillon d'infanterie de marine (6e BIMa), basé à Libreville au Gabon,
- un détachement du 1er Régiment d'hélicoptères de combat (1er RHC) basé à Phalsbourg (Moselle) a également été projeté en Centrafrique, ainsi que des aviateurs des bases aériennes 115 d'Orange (Vaucluse) et 107 de Villacoublay (Yvelines).
Les forces françaises disposent actuellement de huit hélicoptères (4 Puma, 2 Gazelle, 2 Fennec) sur l'aéroport de Bangui. Elles sont notamment équipées de véhicules blindés légers (VLB) et véhicules de l'avant blindés (VAB), dotés de mitrailleuses lourdes ou de canons de 20 mm.
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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Centrafrique : lancement de l’opération Sangaris

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:38

http://www.defense.gouv.fr/terre/a-la-u ... n-sangaris
06/12/2013 14:30
Le 5 décembre 2013, le Président de la République a annoncé sa décision de renforcer le dispositif militaire français en Centrafrique afin d’éviter une catastrophe humanitaire dans le pays.
« Le Conseil de sécurité vient d’adopter une résolution, à l’unanimité, donnant mandat à une force africaine pour apporter la sécurité, rétablir la stabilité en Centrafrique et protéger la population.(...)
Il y a un an, au Mali, la France était appelée pour lutter contre une invasion terroriste. Elle y est parvenue. Aujourd’hui, dans des circonstances très différentes, la France est attendue pour éviter une catastrophe humanitaire. Elle sera là.
J’ai pleine confiance en nos soldats pour mener cette opération. Je sais leur sens du devoir, leur grande qualité professionnelle. Cette intervention sera rapide, elle n’a pas vocation à durer. Je suis sûr de son succès. »
Cette décision a été précédée de l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies de la Résolution 2127 qui prévoit en particulier :
- le soutien des Nations unies à la Force africaine, la MISCA dont l’effectif devrait atteindre les 4000 hommes.
- Le soutien par les forces françaises de cette force africaine, avec autorisation d’usage de la force au besoin.
Actuellement, plus de 650 militaires français sont déployés à Bangui. Plus de 400 le sont depuis fin mars 2013, et 250 spécialistes des transmissions, du génie et de la logistique sont arrivés depuis la fin novembre.
Depuis jeudi soir, les premiers renforts en provenance du Gabon ont été projetés sur l’aéroport de Bangui. Il s’agit de la compagnie parachutiste (COMPARA) du 6e bataillon d’infanterie de marine (6e BIMa) de Libreville. D’autres éléments se préparent dès à présent à renforcer le dispositif français dans la capitale centrafricaine.
Durant toute la nuit du 5 au 6 décembre les éléments de la force Sangaris présents à Bangui ont effectué des patrouilles blindées en vue d’interdire la reprise des combats et garantir la sécurité de nos ressortissants.
Dans la journée du jeudi 5 décembre, les militaires français contrôlant l’aéroport de Bangui avaient déjà assuré la sécurité d’une foule de près de 2000 centrafricains qui se sont réfugiés auprès d’eux pour fuir les combats.
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Sangaris: point de situation du 6 décembre 2013

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:41

http://www.defense.gouv.fr/operations/a ... embre-2013
07/12/2013 00:10
Point de situation sur l'opération Sangaris en Centrafrique.
Sur décision du Président de la République, l’opération Sangaris a été lancée hier soir en République de Centrafrique.
En vue du rétablissement des situations sécuritaire et humanitaire en Centrafrique, l’opération Sangaris vise à créer les conditions pour la prise en charge de la situation par la mission de soutien à la Centrafrique (MISCA) de l’Union africaine.

L’opération Sangaris a été lancée suite à l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies de la résolution 2127, qui donne un mandat à la force africaine MISCA, mais aussi aux forces françaises, autorisées à appuyer, temporairement, la MISCA dans l'accomplissement de son mandat

Le commandement de la force Sangaris a été confié au général Francisco Soriano, commandant les Forces françaises au Gabon (FFG) et l’opération Boali en Centrafrique. Il a rejoint Bangui le 6 décembre en fin de journée, afin de commander au plus près la force Sangaris. Il est désormais au contact direct de l’ensemble des acteurs de la crise centrafricaine.

L’opération Sangaris s’appuie sur le dispositif de l’opération Boali dont le renforcement est actuellement en cours. L’opération Boali est ainsi mise en sommeil jusqu’à nouvel ordre.

Une compagnie parachutiste du 6e bataillon d’infanterie de Marine (6eBima) et trois hélicoptères PUMA du détachement de l’Aviation légère de l’armée de Terre de Libreville sont arrivées dans la journée à Bangui. Ces premiers renforts portent aujourd’hui à 800 l’effectif militaires français à Bangui. Celui-ci devrait atteindre 1200 hommes dans les heures à venir. Le renforcement matériel se poursuit avec notamment, ce 6 décembre, le poser sur l’aéroport de M’Poko d’un C17 britannique qui a acheminé principalement des véhicules blindés.

La rapidité de cette mise en œuvre est rendue possible grâce à l’existence des forces prépositionnées en Afrique, telles que les forces françaises au Gabon (FFG), ainsi qu’au travail préparatoire qui a consisté à prépositionner des forces complémentaires au plus près dans la région.

Aujourd’hui, la force a poursuivi sa mission de sécurisation des ressortissants mais aussi de l’aéroport de M’Poko et des points d’intérêts français. Elle a conduit parallèlement des patrouilles afin de contribuer à un retour au calme, malgré une situation encore tendue. Deux patrouilles de Rafale ont par ailleurs survolé Bangui, signifiant la détermination de la force Sangaris aux groupes armés susceptibles de s’opposer aux militaires français.
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Sangaris : point de situation du 7 décembre 2013

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:43

http://www.defense.gouv.fr/operations/a ... embre-2013
07/12/2013 20:30


Un peu plus de 24 heures après le déclenchement de l’opération Sangaris et selon la décision du Président de la République, l’effectif de la force a dans un premier temps été doublé passant de 600 à 1200 militaires dans la nuit du 6 au 7 décembre. Déployées principalement à Bangui, les troupes françaises sont sous les ordres du général de brigade Francisco Soriano.

En plus de l’arrivée de nouvelles compagnies de combat, la force Sangaris a également été renforcée par des moyens aéromobiles d’attaque et de manœuvre (2 hélicoptères gazelle et 4 hélicoptères Puma), ainsi que des moyens de commandement, de soutien, et de logistique. Ces troupes, comme ces hélicoptères, proviennent essentiellement des forces prépositionnées en Afrique mais aussi de l’échelon d’urgence projeté depuis la France (dispositif « Guépard »).

Depuis le 6 décembre, le nombre de patrouilles dans Bangui s’est ainsi multiplié. Les patrouilles à pied, dont certaines conduites avec la FOMAC (future MISCA), réalisant en complément des patrouilles en véhicule sur les axes principaux. En permanence, les militaires assurent la sécurité de l’aéroport de M’Poko et des points d’intérêts français.

Des patrouilles de Rafale ont survolé Bangui à plusieurs reprises, signifiant la détermination de la force Sangaris aux groupes armés susceptibles de s’opposer aux militaires français.

Par ailleurs, débarqué du BPC Dixmude le 1er décembre à Douala au Cameroun, l’escadron d’aide à l’engagement a par ailleurs franchi la frontière Centrafricaine dans la nuit du 6 au 7 décembre. Il mène actuellement des missions de reconnaissance dans l’Est du pays.

Enfin, au cours de la nuit, des éléments ont été déployés en dehors de la capitale. Leur mission consiste à reconnaître les axes vers le Nord.

L’ensemble de ces actions a permis de limiter les affrontements directs, malgré la poursuite de tirs sporadiques et de tensions dans la ville.
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Sangaris: point de situation du 8 décembre

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:45

http://www.defense.gouv.fr/operations/a ... 8-decembre
08/12/2013 19:41

L’effectif global de l’opération Sangaris est aujourd’hui de 1600 militaires.

La montée en puissance de la force se poursuit avec l’arrivée de France par Antonov d’un détachement de deux hélicoptères Fennec de l’armée de l’Air en provenance des bases d’Orange et de Villacoublay.

En dehors de la capitale, l’escadron d’aide à l’engagement (EAE), qui avait été acheminé par le BPC Dixmude, est arrivé hier soir à Bossembele.

L’axe Bouar / Bossembele a été ouvert, sans que la force ne soit freinée par aucune résistance.

Vers le nord, un détachement d'une centaine de militaires en provenance de Bangui a conduit une reconnaissance jusqu’à la ville de Bossangoa, dans laquelle il est entré dans la nuit du 7 décembre. Les militaires de la force Sangaris n'y ont observé aucune trace récente de combat, ils ont pu constater un nombre important de réfugiés.

Dès le lendemain, le général Soriano, commandant la force Sangaris, s’est rendu à Bossangoa pour évaluer la situation. Il y a rencontré les autorités civiles locales.

Si un calme relatif semble s'imposer, la situation sécuritaire reste tendue. Les milices manifestent par ailleurs une tension de plus en plus palpable à l'approche des troupes françaises.

Dans Bangui, la force continue ses patrouilles sur les axes principaux. Elle poursuit également les patrouilles à pieds, dont certaines sont conduites avec la FOMAC (future MISCA).

Parallèlement, les patrouilles de Rafale se sont poursuivies avec ce matin un vol effectué au-dessus de Bangui et de Bossangoa signifiant aux groupes armés la détermination de la force Sangaris à faire cesser les combats.

L'activité aérienne se densifie avec désormais les vols d'hélicoptères Puma, Gazelle et Fennec.

Les militaires de l'opération Sangaris poursuivent leur mission. Ils s'affirment comme une force impartiale qui traitera de la même manière tout groupe armé susceptible de se montrer hostile.
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Sangaris: point de situation du 9 décembre

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:46

http://www.defense.gouv.fr/operations/a ... 9-decembre
09/12/2013 23:07

Point sur les opérations de la force Sangaris en Centrafrique.

Le 9 décembre 2013, les éléments de la force Sangaris stationnés à Bangui se sont déployés avec les forces de la FOMAC dans l’ensemble de la ville, pour faire appliquer 3 mesures destinées permettre le retour à un niveau sécuritaire minimal. Ces mesures, clairement énoncées et relayées par les autorités de transition depuis le 7 décembre stipulaient que seules les forces armées de police et de gendarmerie étaient autorisées à circuler dans la capitale dès lors qu’elles portaient un uniforme et des signes distinctifs formels ; que le port d’arme était prohibé pour tout autre individu et enfin que tous les membres des groupes armés devaient se rendre dans un point unique de cantonnement.

Au fur et à mesure de leur progression, les militaires français n’ont rencontré aucune résistance. Ils ont rapidement constaté que les groupes armés avaient quitté leurs positions. Quelques contrevenants aux mesures de sécurité ont été appréhendés, leurs armes leur ont été confisquées.

Au cours de la journée, aucun élément n’a opposé de résistance à la force Sangaris. Seuls des tirs fugaces ont été observés. A chaque fois, la riposte des militaires français a fait cesser les tirs.

En dépit d’accès de violence ponctuels de la part d’une partie de la population, l’action de la force a contribué à abaisser la tension.

Ce soir, la population n’est plus menacée par la terreur que faisait régner les groupes armés mais la tension demeure. La force Sangaris poursuit donc ses patrouilles dans la capitale Centrafricaine. Elle les poursuivra, de jour comme de nuit, aussi longtemps que nécessaire. Son objectif demeure identique : rétablir un niveau de sécurité minimal et faciliter la montée en puissance de la future Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA).

Au Nord, des patrouilles ont été conduites dans la ville de Bossangoa.
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Centrafrique : pourquoi l'appellation "Sangaris"

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:51

http://www.lesechos.fr/economie-politiq ... 635434.php
06/122013 18:10
Attribuer un nom à une intervention militaire remonte à la Première guerre mondiale. Un nom autrefois donné par hasard qui, aujourd'hui, est davantage une "affaire de communication.

"Sangaris", l'intervention des forces françaises en Centrafrique, enrichit le lexique militaire d'un nom de papillon africain, une singularité qui a souvent moins à voir avec les préceptes d'un Clausewitz qu'avec les hasards du vocabulaire.

Des militaires français s'amusent de l'intérêt des médias, "depuis deux ou trois ans", pour les appellations des opérations extérieures et leur genèse, de "Licorne" à "Serval" en passant par "Manta", "Daguet", "Harmattan" ou "Corymbe". "J'en ai vu défiler des centaines de noms!", se souvient l'ex-général de brigade aérivenne Jean-Vincent Brisset, aujourd'hui directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). "Je me souviens qu'un jour, moi l'aviateur, j'ai dû choisir un nom pour une petite opération navale : j'ai mis sur l'en-tête du document officiel un nom de poisson, et c'est parti comme ça!", raconte-t-il.

"Avant, le choix d'un nom était très largement le fait du hasard - on tirait au sort un nom dans le dictionnaire - ou de la culture personnelle du décideur. Maintenant, c'est beaucoup plus une affaire de communication, dans laquelle les politiques ont le dernier mot", relève l'ex-officier.

C'est le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) de l'armée française, dévolu à la préparation des interventions extérieures, qui est chargé de choisir un ou des noms, les conseillers du président tranchant in fine.
Les Français optent pour la neutralité

En France, comme en Grande-Bretagne - où le tirage au sort est monnaie courante voire la création de néologismes à partir de syllabes -, le choix du nom obéit à plusieurs principes de base : "Il doit être neutre, pratique, mémorisable et facile à prononcer", explique Jean-Vincent Brisset.Les Français ont coutume de recourir à des termes en rapport avec le monde animalier, la flore ou les caractéristiques géographiques de la zone d'intervention, qui ne heurtent pas les populations concernées. La mythologie - Artémis, Héraclès, Arès - est aussi prisée.

L'intervention en Libye, en mars 2011, fut baptisée "Harmattan", un vent chaud et poussiéreux d'Afrique de l'Ouest; le nom de poisson "Baliste" fut donné à une opération d'évacuation de ressortissants au Liban en 2006; le terme botanique "Corymbe" associé à une mission de la marine française aux large des côtes d'Afrique de l'Ouest.
Le papillon Sangaris

"Sangaris", un papillon rouge prisé des collectionneurs, s'est imposé pour l'intervention en Centrafrique, annoncée comme "courte": "Un papillon, ce n'est pas méchant, ça ne dure pas très longtemps, c'est considéré comme joli et politiquement correct", souligne le directeur de recherches de l'Iris.

Le substantif doit être dénué de toute connotation négative. Ainsi les militaires se sont-ils gardés de choisir un papillon vert ou violet pour l'opération en Centrafrique, pays en proie à des heurts confessionnels entre chrétiens et musulmans. "La guerre ne va plus de soi en Occident, tuer représente un sujet tabou même chez les militaires, donc on recherche des euphémismes stylistiques", observe Eric Letonturier, chercheur à l'Institut des sciences de la communication du CNRS, spécialisé en sociologie militaire.

Pour autant, un mot inoffensif de prime abord peut receler des imprévus. L'opération "Serval" au Mali avait donné lieu à des commentaires acerbes, ce petit félin africain pouvant uriner 30 fois par heure pour marquer son territoire. "Pour les grosses opérations, les conseillers du président vont vérifier qu'il n'y ait pas de couac. Mais regardez ce qui s'est passé avec 'Serval'...", note Jean-Vincent Brisset.

"Il se dit aussi que le Sangaris a une couleur fâcheusement rouge 'sang'. Quel que soit le nom qu'on choisisse, si c'est le nom de quelque chose qui existe, on trouvera une connotation négative", poursuit-il.

"Beaucoup de gens ont glosé sur le fait que Licorne (nom de l'opération lancée en Côte d'Ivoire en 2002, NDLR) est le seul animal fabuleux qui ose s'attaquer à l'éléphant, mais c'était en fait le nom de la caserne d'où est partie la première opération!".
La com des Américains

A l'inverse des Français ou des Britanniques, les Américains, qui ont introduit des noms de code durant la Seconde Guerre mondiale pour des raisons de sécurité (souvent des couleurs), obéissent désormais à des impératifs de communication, même s'ils utilisent depuis 1975 un système informatique (NICKA) générant annuellement des séquences aléatoires de deux lettres qui doivent constituer l'amorce des noms. ("UR" donna "Urgent Fury" pour l'invasion de la Grenade en 1983). "Il y a toujours une volonté de message chez les Américains, alors qu'il n'y en avait pas avant la guerre du Viêtnam", note Jean-Vincent Brisset.

L'intervention américaine au Panama, en 1989, a manqué de s'appeler "Cuillère bleue" ("Blue spoon"). Le commandant des opérations, le général James Lindsay, s'insurgea alors : "Voulez-vous que vos petits-enfants racontent que vous étiez dans 'la cuillère bleue'?", avait-il dit à l'état-major. L'opération fut finalement baptisée "Juste Cause", une connotation morale voulue par la Maison Blanche.

De fait, à partir des années 90, les militaires américains ont découvert le pouvoir symbolique des mots afin de l'emporter autant dans les esprits que sur le terrain : "Provide comfort" (littéralement "apporter du réconfort") au secours des réfugiés kurdes au lendemain de la guerre du Golfe, "Uphold Democracy" en Haïti ("Faire respecter la démocratie") de 1994 à 1995 après le renversement du président Aristide.

Parfois jusqu'à l'excès. L'opération "Liberté immuable" ("Enduring Freedom") lancée contre Al Qaïda après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis devait initialement s'appeler "Infinite justice" ("Justice sans limite"), un mot d'ordre par trop vengeur rapidement écarté.
Une pratique née durant la Première guerre mondiale

L'influence politique n'est pas nouvelle. Le débarquement allié d'août 1944 en Provence devait avoir pour nom de code "Anvil" ("enclume", en anglais), mais Winston Churchill, qui était contre cette opération, lui préféra "Dragoon", qui veut dire "dragon" mais aussi "contraindre" ("I was dragooned" dira-t-il, "j'y fus contraint").

Selon les historiens, ce sont les Allemands qui ont introduit la pratique des noms de code lors des deux dernières années de la Première Guerre mondiale, avec une prédilection pour les références mythologiques et religieuses (Archange, Mars, Castor, Pollux, Walkyrie...).
Les Israéliens et la Bible

Les Israéliens, "une armée très religieuse" selon l'expert de l'Iris, puisent eux leur inspiration dans les épisodes sombres de la Bible ("Raisins de la colère", "Plomb durci", "Pluie d'été", etc.). "Comme on fait de plus en plus pour la communication, on espère qu'on tombera bien", ironise Jean-Vincent Brisset. "Les politiques, qui redoutent les dérapages, cherchant toujours un bouc émissaire, on se débrouille pour que ça soit quelqu'un d'autre qui choisisse !"
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les Français de l'opération Sangaris prêts à entrer en actio

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 13:55

http://www.rfi.fr/afrique/20131206-cent ... rer-action
vendredi 06 décembre 2013 à 02:27 - RFI
Les 1 200 hommes mobilisés par l’opération française Sangaris en Centrafrique sont désormais prêts à intervenir. La mission qui les attend est délicate. L’objectif principal est le retour de la sécurité dans le pays, alors que la capitale Bangui vient de traverser un vague de violences sans précédent.
Actuellement 650 soldats français se trouvent à Bangui. Basés à l’aéroport de Mpoko, ils sécurisent les lieux. Les 200 hommes arrivés en renfort le week-end dernier, qui appartiennent au génie de l’air, à la logistique ou aux transmissions, préparent le terrain à l’arrivée de l’opération Sangaris.

Depuis la dégradation de la situation la nuit dernière, 250 de ces militaires français sont déployés dans la capitale pour protéger les ressortissants, les sites sensibles, comme l’ambassade ou les points de regroupement.

Des soldats de toute la région

L’opération Sangaris va mobiliser les militaires français de toute la région : en Centrafrique donc, au Tchad, où sont stationnés certains moyens aériens, et au Cameroun, où sont positionnés 350 militaires. Ces soldats, divisés en deux colonnes, l’une logistique, l’autre équipée de blindés, très mobiles, seront les premiers à entrer par la route par la frontière ouest de la RCA.

D’ici-là, d’autres unités seront entrées en action, dont certainement des éléments du COS, le commandement des opérations spéciales, traditionnellement chargé de frapper fort dès les premières heures d’une opération. Afin de couvrir la majeure partie du territoire, les Français devront se déployer hors de Bangui. On parle notamment de Bouar.

Mais la mission des Français a quelque peu évolué ces dernières heures. Auparavant, en attendant le mandat de l’ONU, on parlait d’une force de soutien à la mission africaine Misca. Mais les massacres perpétrés dans la capitale ont accéléré les choses. Plus que jamais, l’objectif est d’enrayer la spirale des exactions et la dérive confessionnelle.

Sangaris, pas un Serval bis

L’opération Sangaris intervient alors que Serval se poursuit au Mali. Deux cas de figure qui ont leur propre spécificité.

Si l'intervention malienne était ouvertement assumée comme une guerre contre le terrorisme, l'opération française qui débute en Centrafrique est d'une autre nature. Paris parle d'une action de sécurisation des populations civiles. Difficile alors de déterminer l'ennemi : les rebelles de la Seleka qui ont porté le président Djotodia au pouvoir ou bien l'ensemble des bandes armées et groupes d'autodéfense qui terrorisent ici les chrétiens, là les musulmans ?

En janvier dernier, La France avait déployé ses soldats dans l'urgence pour sauver le Mali du péril islamiste et repousser les jihadistes vers le nord, au-delà de Mopti. La force africaine, puis onusienne, a par la suite rejoint les soldats français, mais Paris s'est jusque-là octroyé au Mali un statut de force indépendante hors Minusma chargée de chasser et de neutraliser Aqmi. Une mission qui n'en finit pas d'être prolongée.

En Centrafrique, François Hollande a pris les devants ce jeudi soir : l'opération française « sera rapide », elle « n'a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès », a déclaré le président français en donnant le feu vert à l'opération Sangaris. Celle-ci est censée incarner la nouvelle doctrine militaire française en Afrique : « être une force de transition ou de relais » en soutien aux forces africaines.
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Centrafrique : «Ce n'est pas l'armée qui reconstruira l’Etat

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 14:02

http://www.liberation.fr/monde/2013/12/ ... ons_965185
9 décembre 2013 à 12:29
Mille six cents militaires français se sont déployés en République centrafricaine pour une opération de sécurisation du pays. Thomas Hofnung, journaliste au service Etranger de «Libération» a répondu à vos questions.

L'opération Sangaris, du nom d'un petit papillon rouge, a commencé le 5 décembre au soir. Elle désigne l'intervention armée conjointe française et africaine en République centrafricaine pour stopper les violences dans le pays.

Osis. L’opération Sangaris est-elle dotée d’un mandat de l’ONU ?

Thomas Hofnung. Oui, cette opération est sous mandat de l’ONU. Jeudi dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé, à l’unanimité, l’intervention des troupes africaines et françaises sous chapitre 7. Autrement dit, les forces internationales ont le droit de recourir à la force pour stopper les violences. Ce mandat a été rédigé de manière suffisamment vague pour permettre à ces forces de désarmer des milices de tous ordres qui terrorisent les populations.
Hadrien. Les soldats français ont-ils l’intention de se déployer sur l’ensemble du territoire ?

T. H. L’état-major des armées ne communique pas ses plans à l’avance, ni même pendant les opérations. Mais, il suffit de regarder les axes de pénétration de l’armée française – à l’ouest à partir du Cameroun, et au nord à partir du Tchad, sans oublier les forces déjà prépositionnées à Bangui – pour imaginer quel sera le plan de Paris. Avec 1600 hommes, il est impossible de sécuriser un territoire aussi vaste que la Centrafrique, qui fait 6 000 000 km2, soit la France et la Belgique réunies. L’armée peut faire un peu la même chose qu’au Mali: se déployer dans les principales localités du pays, et sur des points clé. Au Mali, un général me disait que si l'on compare le désert à une mer, il faut se déployer sur les principaux ports, et les principaux points de passage. C’est sans doute ce qu’est en train de faire l’armée française.
Maryse. Combien de temps va-t-il falloir aux troupes françaises pour sécuriser la Centrafrique ?

T.H. La première phase, celle du déploiement, peut être relativement rapide. Ce qui, en revanche, est difficile à évaluer à cette heure, c’est le temps qu’il faudra pour désarmer les milices. Mais la même interrogation se pose dans toutes les zones de conflit. Si l’on reprend l’exemple du Mali, les groupes djihadistes ont été laminés par l’opération Serval, mais un certain nombre de combattants se sont fondus dans le paysage. Il est probable que ce scénario se reproduise en Centrafrique. Il n’y aura pas de sécurisation durable sans reconstruction de l’Etat centrafricain. Mais cela ce n’est ni l’armée française, ni la France tout court qui peut le faire seul.
Roberto. Quel est précisément l’objectif des forces françaises?

T.H. La question se pose. En effet, les objectifs assignés par le pouvoir politique aux armées sont fluctuants. Samedi, lors du sommet Afrique-France à l’Elysée, François Hollande en a fixé trois. 1) stopper toutes les violences, 2) Désarmer les milices, 3) restaurer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire. Par la suite, le président français a évoqué le départ du président Michel Djotodia. Mais ce matin, Laurent Fabius, le chef de la diplomatie, est revenu sur cet objectif. Malgré ces atermoiements, l’armée a bien commencé le désarmement des milices.
Bruno. Des forces militaires africaines vont-elles se joindre aux forces françaises? A quel moment?

T.H. Le paradoxe, c’est que ces forces africaines sont déjà en Centrafrique, mieux, elles sont bien plus nombreuses que les forces françaises. Aujourd’hui, il y a environ 3000 soldats venus des pays voisins: Tchad, Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville. Mais, cette force africaine est mal équipée et surtout elle souffre d’un déficit de coordination et de commandement. Là encore, comme au Mali, on peut penser que ces contingents vont se déployer progressivement dans le pays, dans le sillage de l’armée française.
Jean. Outre les raisons humanitaires, qu’est-ce qui motive François Hollande à envoyer des troupes en Centrafrique?

T. H. Depuis l’été dernier, l’Elysée a préparé les esprits à une intervention en Centrafrique. François Hollande avait été alerté de la catastrophe qui était en train de se produire dans cette ancienne colonie française par les associations humanitaires, mais apparemment aussi par les Eglises. Il y avait donc une urgence humanitaire. Mais je pense aussi que des considérations géostratégiques sont entrées en ligne de compte.

Comme son nom l’indique, la Centrafrique est une sorte de verrou stratégique situé à la confluence entre l’Afrique des grands lacs, et le Sahel. Ne pas intervenir, c’était laisser tout un pays s’effondrer, devenir un foyer potentiel pour les groupes armés (pas seulement terroristes) qui circulent dans cette région du monde. Quel serait le sens d’une intervention au Mali si quelques mois plus tard, un pays africain devenait un nouveau sanctuaire pour les terroristes?

Enfin, dernière raison: près de vingt ans après le génocide au Rwanda, dans lequel la France a joué un rôle contestable, François Hollande a sans doute voulu éviter une nouvelle tragédie, cette fois dans une ex-colonie française.
Valentino. La Centrafrique est un pays catholique et la Séléka (un groupe hétéroclite de «rebelles» locaux et de mercenaires venus des pays voisins) est constituée de musulmans. N’est-ce pas une guerre de religion ?

T. H. Comme souvent en Afrique, les conflits sont avant tout de nature politique. On se bat pour le contrôle du pouvoir. Le pouvoir c’est la survie assurée pour la communauté dont est issue le Président. Dans le cas centrafricain, c’est un mouvement rebelle issu du Nord du pays qui a pris les armes contre l’ancien président François Bozizé. Il se trouve que ce mouvement, la Seleka est composée pour l’essentiel de musulmans. Du coup, ce conflit politique a glissé peu à peu vers un conflit religieux, la Séléka terrorisant une population majoritairement catholique.
Bonnemine. Selon vous, quelle est la place des enjeux miniers (uranium à Bakouma) dans le conflit et dans la stratégie française face à la concurrence chinoise?

T. H. A mes yeux, et je risque de vous surprendre, cette place est nulle. Souvenez-vous qu’Areva a précisément laissé tomber ses investissements en Centrafrique. Les grandes entreprises sont des monstres froids qui sont guidés par leurs intérêts. Quel est l’intérêt d’investir dans un pays aussi fragile et dangereux que la Centrafrique quand tant de gisements existent à travers le monde?

Areva mise beaucoup sur le Kazakhstan ou la Mongolie. C’est l’une des critiques que les «réalistes» ne manqueront pas d’adresser à François Hollande: pourquoi se lancer dans une aventure militaire, alors que nous ne disposons pas d’intérêts économiques en Centrafrique?
Kapwoo. Est-ce que le gouvernement français va soutenir un dirigeant politique en particulier une fois le pays sécurisé?

T. H. De manière cynique, je dirais que le gouvernement français aurait tout intérêt à le faire. S’il veut pouvoir désengager dans de bonnes conditions ses soldats, il a besoin d’un pouvoir qu’il juge stable et fiable. Mais les temps ont changé. La France n’est plus en mesure de choisir elle-même les dirigeants qui lui plaisent. Elle est sous l’œil des ONG, des médias, et aussi de ses partenaires européens qui, à n’en pas douter, accepteront de débloquer des fonds pour la reconstruction du pays, à condition que Paris joue franc-jeu. L’époque des Jacques Foccart est bien finie.
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A Bangui, Sangaris s’impose vite et fort

Message par Rédacteur » 10 déc. 2013, 14:06

http://www.liberation.fr/monde/2013/12/ ... ort_965338
9 décembre 2013 à 21:06
Centrafrique. Les soldats français ont commencé hier à désarmer les milices, notamment la Séléka.
Paris veut aller vite, et même très vite, en Centrafrique. Annoncé dimanche soir par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le désarmement des groupes armés qui terrorisaient la population centrafricaine depuis de longs mois en toute impunité a commencé dès hier. Au moins à Bangui, où les soldats de l’opération Sangaris n’ont pas hésité à retirer manu militari leurs fusils à des miliciens. Dans la matinée, puis plus tard dans la journée, les militaires français ont riposté à des tirs près de l’aéroport et dans le quartier PK5.

Mais globalement, selon Paris, «les choses se passent plutôt bien» dans la capitale. «Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu’en face ils l’ont compris», a affirmé le porte-parole de l’état-major, le colonel Gilles Jaron. «Sur certains points, les groupes armés ont décroché et sont rentrés dans leurs casernes, sur d’autres, ils ont déposé les armes», a-t-il ajouté.

Officiellement, le processus vise tous les groupes armés. Mais dans les faits, ce sont les membres de la Séléka, le mouvement qui s’est emparé du pouvoir en mars, qui sont avant tout concernés. Les milices qui se sont formées en réaction, les anti-balaka («antimachettes» en sango), ne disposent que d’armements rudimentaires.

Représailles. En lançant cette phase trois jours seulement après le début de l’opération Sangaris, Paris prend le risque de se confronter directement à l’un des acteurs du conflit. Samedi, François Hollande n’avait d’ailleurs pas hésité à appeler publiquement au départ du dirigeant porté au pouvoir par la Séléka, Michel Djotodia, après les tueries commises à Bangui ces derniers jours. A la suite d’une offensive d’éléments armés hostiles à la Séléka, celle-ci s’est livrée à de sanglantes représailles dans les quartiers, provoquant au minimum la mort de 400 personnes, selon les organisations humanitaires sur place.

Les propos vindicatifs de Hollande ont immédiatement provoqué la colère des partisans de Djotodia à Bangui, faisant redouter de possibles provocations envers les soldats de Sangaris, voire contre les quelques ressortissants français encore présents dans la capitale centrafricaine. Paris a-t-il fait passer des messages en forme d’avertissement à Djotodia ? Hier, ce dernier a demandé sur les ondes de la radio nationale «au peuple centrafricain de s’abstenir de toute manifestation hostile au président français».

Flottement. Paris a quand même pris soin de rectifier le tir pour faire baisser la tension. Hier, Laurent Fabius a indiqué sur France Inter qu’il fallait «travailler» avec les autorités de transition jusqu’aux élections que Paris souhaite voir organiser à l’automne prochain. Le chef de la diplomatie française a même donné du «président» à Michel Djotodia.

Ce flottement au plus haut niveau de l’Etat semble refléter celui des objectifs assignés à l’armée française en Centrafrique. Au départ, il s’agissait «seulement» de stopper le cycle de la violence aveugle dans cette ex-colonie. Désormais, Paris semble vouloir aller plus loin, peut-être pour éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets sitôt que l’armée française aura plié bagage.

Mais, comme l’a admis hier Laurent Fabius, cette opération s’annonce complexe. «La difficulté, c’est que beaucoup d’ex-Séléka ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil […] Il est difficile de reconnaître les individus», a-t-il déclaré. Au-delà de ce délicat processus de désarmement, c’est sans doute la reconstruction d’un Etat aujourd’hui moribond qui constituera le principal défi en Centrafrique.
Thomas HOFNUNG
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Sangaris : point de situation du 10 décembre

Message par Rédacteur » 11 déc. 2013, 15:21

http://www.defense.gouv.fr/operations/a ... 0-decembre
10/12/2013 22:24 - EMA
A Bangui, dans la nuit du 9 au 10 décembre 2013, peu avant minuit, une section de la force Sangaris a été prise à partie à très courte distance au cours d’une patrouille à pied conduite dans le cadre de la mission de désarmement des groupes armés présents dans la capitale centrafricaine. Les militaires français ont immédiatement riposté. Durant l’échange de tirs, deux militaires français ont été grièvement blessés. Ils ont immédiatement été pris en charge par leurs camarades avant d’être évacués vers l’antenne chirurgicale avancée (ACA) sur l’aéroport de M’Poko, où ils sont décédés des suites de leurs blessures. Les militaires français tués au cours de cette action sont deux soldats du 8erégiment parachutiste d’infanterie de Marine (8e RPIMa) de Castres. Il s’agit des deux premiers militaires français à mourir au combat depuis le début de l’opération Sangaris en République Centrafricaine.

En début de soirée, le Président de la République, Monsieur François Hollande, s’est rendu à Bangui auprès des militaires français déployés sur l’aéroport de M’Poko. A son arrivée, il a été accueilli par le premier ministre centrafricain, Monsieur Nicolas Tiangaye, par le chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud, par le commandant de la force Sangaris, le général de brigade Francisco Soriano, et par l’ambassadeur de France en Centrafrique, Monsieur Charles Malinas. Il s’est dans un premier temps recueilli devant les corps des deux militaires français morts au combat dans la nuit avant de s’adresser aux militaires français déployés sur l’aéroport de M’Poko. Il s’est ensuite entretenu avec les autorités militaires et avec les autorités de transition centrafricaines.

La France poursuit avec la Force multinationale des Etats d’Afrique de l’ouest (FOMAC) le désarmement de façon impartiale de l’ensemble des éléments armés qui n’ont pas déposer les armes, conformément aux mesures énoncées et relayées par l’autorité de transition le 7 décembre. Celles-ci stipulent que seules les forces armées de police et de gendarmerie sont autorisées à circuler dans la capitale dès lors qu’elles portent un uniforme et des signes distinctifs formels ; que le port d’arme est prohibé pour tout autre individu et enfin que tous les membres des groupes armés doivent se rendre dans un point unique de cantonnement.

Le but de ces mesures est de créer les conditions sécuritaires minimales pour la prise en charge de la situation par la future Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA).

Au nord, dans la région de Bossangoa, les militaires français ont poursuivi leurs patrouilles.

Environ 1600 militaires français sont actuellement déployés en République Centrafricaine. Lancée le 5 décembre 2013 par le Président de la République, l’opération Sangaris vise à rétablir une sécurité minimale en République Centrafricaine et à faciliter la montée en puissance de la MISCA et son déploiement opérationnel.
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