Soignants au 3e Rima, ils ont vécu l'Afghanistan

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Soignants au 3e Rima, ils ont vécu l'Afghanistan

Message par Rédacteur » 12 nov. 2011, 15:21

http://www.vannes.maville.com/actu/actu ... 6_actu.Htm
Ils ont entre 24 et 36 ans, sont médecin, infirmier ou auxiliaire sanitaire. Militaires, ils ont séjourné plusieurs mois au coeur de la vallée de l'Uzbin, à Tora et en Kapisa, pour y exercer leur métier. Ils racontent.

Témoignages

Laura, capitaine, 29 ans
« Mon rôle de médecin consistait, en théorie, à soigner les militaires blessés. En réalité, je me suis surtout occupée de civils, sans me substituer aux confrères afghans. Je traitais les cas graves. Il est vrai que j'avais d'importants moyens techniques à ma disposition. Parfois, quand cela était possible, nous adressions certains patients à l'hôpital français de Kaboul.
« Dans le camp, la menace était là ¯ risques d'attaques, de roquettes ¯ mais on finissait par l'oublier. L'Afghanistan était ma première opération extérieure. Ma seule sortie en dehors du camp, je l'ai faite au bout de cinq mois, dans un véhicule. On entendait des tirs...
« Je suis revenue à Vannes enrichie de cette expérience, même si au retour j'ai été un peu déphasée. C'est là qu'on se dit qu'en France, on a la chance d'être mieux soigné qu'ailleurs. Je ne vais pas repartir dans l'immédiat. »

Pierre-Benoît, caporal, 24 ans
« Je suis auxiliaire sanitaire. C'est l'échelon avant l'infirmier. Je peux poser des perfusions, accomplir des gestes de survie. Ma première opération extérieure, c'était l'Afghanistan. Comme les autres militaires de ma section, je portais une arme. Je ne devais pas être identifiable aux yeux des insurgés. Ce sont toujours le chef, le radio et le soignant qui sont visés en premier.
« Sur le terrain, j'ai soigné des blessés. Aujourd'hui, au Rima, je fais un peu de paperasse. Je n'ai pas le droit de repartir à l'étranger durant huit mois. Je suis en train de préparer mon diplôme d'infirmier. »

Alexandre, adjudant, 36 ans
« C'était ma troisième mission là-bas. Infirmier, j'étais en renfort. J'allais là où il manquait quelqu'un. J'ai vécu plusieurs situations difficiles. Quand on entend des tirs, on cherche d'où ça vient. Quand les opérations sont terminées, on se dit qu'on a eu chaud, surtout quand on voit des balles à deux mètres de soi.
« En 2004 et 2009, j'ai côtoyé des morts. Des Français et Afghans qui décédaient dans nos bras. Mais nous sommes des pros. Il faut continuer à remplir sa mission. Dans le droit des conflits armés, on se doit de soigner la personne sur laquelle on a tiré. Cela m'est arrivé de soigner un insurgé.
« Ma famille a eu du mal à digérer ce troisième départ en Afghanistan. Maintenant, je vais tout faire pour rester à la maison. L'avenir ? J'aimerais être infirmier chez les pompiers. »

Jean-David, caporal-chef, 30 ans
« Je suis rentré d'Afghanistan en août, après six mois en Kapisa. Auxiliaire sanitaire, j'étais sur un poste isolé avec six Français et une soixantaine d'Afghans. Nous étions en pleine zone insurgée. C'était tendu. Nous étions harcelés.
« Tous les jours, nous ressentions des craintes pour notre vie. Si l'un de nous tombait, c'était foutu pour les autres. Nous avons été visés par des tirs de roquettes dans le camp. Nous étions là pour former les Afghans. Le seul référent sanitaire, c'était moi. »

Recueilli par Yves-Marie ROBIN. Ouest-France
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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de Meeûs Alain
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Re: Soignants au 3e Rima, ils ont vécu l'Afghanistan

Message par de Meeûs Alain » 15 nov. 2011, 23:28

Ah! Bravo!!!
...Bravo pour tous ceux là, et à tous ceux qui, comme eux, ont vécu l'Afghanistan :
Montherlant, brillant écrivain, a écrit un jour " Je me foutais pas mal d'être éternel dans mon oeuvre. Ce que je voulais, c'est d'être éternel dans ma vie."
Bravo, car cette remarque, si belle, s'adresse à eux !
" Qu'on cesse de voir l'avenir en noir, il est superbe." Yves Coppens, Professeur à l'Institut de France. (...???)

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