250 griffes de casque pour OB70 au profit du 21e RIMA

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250 griffes de casque pour OB70 au profit du 21e RIMA

Message par Rédacteur » 02 janv. 2012, 15:19

Le 5e BMAT confectionne 250 griffes de casque pour OB70 au profit du 21e RIMA.
http://www.defense.gouv.fr/content/down ... asdef_.pdf
Mat & Tech : La revue de la maintenance de l'Armée de Terre - n° 176 - Octobre 2011 - page 40 à 42
Dans un contexte opérationnel et économique tendu, le 21e RIMA, soucieux de doter tous ses fantassins du meilleur équipement, a demandé au 5e BMAT de lui confectionner, avant son départ en Afghanistan, des griffes de casque pour jumelle de vision nocturne. Si cette confection ne présentait pas de difficulté technique majeure, sa réalisation à moindre coût et dans les délais était loin d’être évidente. Cependant, sachant que le bataillon disposait, au sein du 11e GMT de Draguignan, d’un outil de production performant, armé par des personnels hautement qualifiés et totalement fiables, il était évident que le défi serait relevé.
Fréquemment utilisé en Afghanistan où les déplacements de nuit sont privilégiés, l’OB70, plus communément appelé LUCIE, est une jumelle de vision nocturne dotée d’une focale X5 qui permet, à partir d’un pointeur PIRAT, de faire mouche à plus de 250m. Cette jumelle à intensification de lumière qui pèse près de 420g est normalement supportée par un filet serre-tête maintenu par 2 pattes latérales en appui sur les joues et une mentonnière qui vient doubler celle du casque. Occasionnant trop de gêne dans le cadre d’un usage soutenu, ce support a été très rapidement abandonné sur le théâtre au profit d’autres plus ou moins bien adaptés, à découvrir dans les différents reportages effectués sur l’Afghanistan. Le support développé par la société ESDT (équipement sécurité défense télécommunication) qui permet de régler l’inclinaison et la hauteur de la lunette, aurait pu convenir. Mais d’un prix trop élevé (364 € TTC l’unité) et d’un délai de fabrication trop long (5 mois), son acquisition n’a pas pu être étendue à l’ensemble des soldats déployés sur le théâtre. D’autant plus qu’elle aurait fait double emploi avec l’acquisition des équipements FELIN en cours de déploiement.
Quant aux différents supports développés sur le théâtre, ils ne pouvaient pas convenir non plus. Pourtant réalisés avec ingéniosité, ils n’en n’étaient pas moins bricolés avec les moyens du bord. Confectionnés à partir de boîtes à munitions et supports d’extincteurs découpés à la disqueuse et déformés au marteau, leurs réalisations n’étaient pas satisfaisantes.
C’est dans ce contexte opérationnel particulier que le 21e RIMA, désireux d’équiper tous ses soldats d’un support fiable et ergonomique, a demandé au 5e BMAT de lui confectionner 250 griffes de casques, à moindre coût et dans des délais restreints : 4 semaines maximum pour l’étude, le prototypage, les essais, l’approvisionnement, la réalisation des gabarits, la confection et l’assemblage des 1 000 éléments qui allaient s’avérer nécessaires. Afin de mettre tous les atouts de côté du bataillon, ce travail a été confié à l’un des meilleurs tôliers-chaudronniers : M. Jaubert Fernand, ouvrier d’état GRVII. Il lui a été demandé de réaliser un prototype qu’il pourrait produire en série avec ses moyens d’ateliers. Dans le même temps, le 11e GMT a commandé, avec l’aide de ses approvisionneurs et l’appui du 21e RIMA, tous les rechanges et matières qui s’avéraient nécessaires : sangles, boucles, tôles d’acier, visserie. M. Jaubert a dû confectionner 4 modèles différents avant de voir le bon modèle validé. Si les premiers étaient faciles à créer par simple pliage, ils se sont avérés trop lourds et trop encombrants. Au risque d’alourdir la fabrication, M. Jaubert a donc proposé un modèle plus discret et léger mais beaucoup plus difficile dans sa fabrication en raison d’étapes supplémentaires : découpe des griffes par emboutissage, réalisation des passages de sangles et des plans inclinés à la fraiseuse et fixation de l’équerre par soudures par point. Malgré toutes ces contraintes, ce projet a été sélectionné dans la mesure où il offrait la meilleure ergonomie. Une semaine s’étant déjà écoulée, M. Jaubert s’est donc empressé de confectionner, le plus fidèlement possible, le prototype correspondant. Réalisé à partir d’un casque que le chef BML du 21e RIMA avait ramené d’Afghanistan et d’une lunette LUCIE prêtée par les optroniciens du groupement, ce prototype a fait l’objet de nombreux réglages, notamment au niveau du positionnement de l’équerre de la griffe avant qui conditionnait le bon alignement de la lunette. Après avoir effectué de nombreux essais en chambre noire durant une semaine, il a été proposé au 21e RIMA de valider le prototype avant de lancer la série. Il ne restait plus que 15 jours pour réaliser les 250 collections. Heureusement, entre-temps, la matière première nécessaire au lancement de la production était arrivée. Après avoir réalisé les gabarits qui allaient lui permettre de reproduire le prototype à l’identique, M. Jaubert débuta la série. Grâce à son savoir-faire, il lui a fallu moins d’une semaine pour tracer, découper et cintrer les 1000 pièces de la collection. Puis ce fut le tour du tourneur/fraiseur du 11e GMT, M. Peyron, qui réalisa le V des équerres et les passages de sangles. Afin de lui faciliter cette opération, M. Jaubert, avait pris soin de lui assembler les pièces 10 par 10 à l’aide d’un cordon de soudure détachable. Dans le même temps, le bourrelier, M. Blanc, réalisait, au fer chaud, la mise à longueur de sangles équipées en provenance de Moulins. Au fur est à mesure que M. Peyron réalisait le fraisage des équerres, M. Jaubert s’appliquait à les souder par point sur la griffe avant. Comme à l’accoutumée, la touche finale fut apportée par les peintres du groupement, qui réalisèrent après les avoir apprêtées, la mise en peinture des 500 griffes. Soucieux de conduire sa confection jusqu’au bout, M. Jaubert se chargea personnellement d’équiper tous les supports de leur sangle afin de livrer un produit fini, prêt à l’emploi. Après avoir réalisé plusieurs contrôles par sondages, la collection a finalement été colisée avec 4 jours d’avance et c’est avec une satisfaction non dissimulée que le TSEF Christ, chef de l’ECM du 11e GMT, appela le chef BML du 21e RIMA pour lui annoncer qu’il allait pouvoir partir en Afghanistan avec l’ensemble de la collection.
Le retour d’expérience ne s’est pas fait attendre. À peine un mois après son arrivée sur le théâtre, le 21e RIMA, enthousiasmé par le produit, a demandé la confection le plus rapidement possible d’une série supplémentaire de 150 griffes de casque. Cette nouvelle série était d’autant plus attendue qu’elle devait permettre au régiment d’uniformiser l’équipement individuel de ses soldats en remplaçant les supports développés par l’industriel dont les sangles en élastomère lâchaient les unes après les autres, de préférence la nuit… Bien que cette nouvelle demande intervînt juste après les graves inondations du mois de juin, le 11e GMT du 5e BMAT a mis un point d’honneur à confectionner cette nouvelle série. Il aura fallu néanmoins un mois supplémentaire pour surmonter tous les problèmes techniques liés aux inondations.
Au total, ce sont donc près de 400 collections qui ont été confectionnées. Outre la satisfaction du service rendu et du travail bien fait, cette mission a permis de démontrer, une fois de plus, que dans bien des domaines, le SMITer est plus compétitif que le secteur privé. En respectant toutes les étapes de production, de l’étude du besoin jusqu’aux contrôles finaux en passant par les essais de prototypage et la réalisation des gabarits de production, il n’aura fallu que 4 semaines pour livrer la première série. De plus, en utilisant des matériaux simples et rustiques, les coûts de production ont été divisés par 20. En comptabilisant les rechanges et matières ainsi que le coût de la main-d’œuvre, le prix de revient unitaire ne s’élève qu’à 21 €. Certes, le modèle 5e BMAT n’intègre pas les mêmes options de réglage que celui de la société ESDT proposé à 364 € mais moyennant quelques réglages supplémentaires des sangles intérieures de maintien du casque, il s’est avéré plus simple et robuste à l’usage. Cette mission a également permis de resserrer les liens qui unissent le bataillon et en particulier le 11e GMT, au 21e RIMA avec qui les relations de travail ont toujours été excellentes.
Victime de ce succès, le 21e RIMA s’est retrouvé contraint, à l’issue de son mandat, de renvoyer en Afghanistan les 400 collections confectionnées par le bataillon, collections maintenant sectorisées sur le théâtre. Afin de préparer l’avenir et d’anticiper une nouvelle commande, le groupement a déjà prévu de réaliser un poinçon qui permettrait de réduire de 25 % le coût de fabrication en économisant le fraisage des passages de sangles… Au 5 on garde une maintenance d’avance !
TSEF CHRIST : Responsable maintenance du 11e GMT
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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