« Les naufragés du Djemnah »

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Mattle1
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« Les naufragés du Djemnah »

Message par Mattle1 » 22 juin 2014, 12:22

« Les naufragés du Djemnah »


C’est une histoire qui ne se termine pas bien : c’est l’histoire de toutes les guerres. Mais une histoire peu connue, celle du naufrage d’un paquebot qui voit la vie de plus de 200 tirailleurs malgaches engloutie sur leur chemin de retour. Le 7 juillet 1918, le navire à vapeur Djemnah quitte Marseille pour Madagascar. A son bord, plusieurs centaines de tirailleurs et travailleurs blessés ou malades qui regagnent Madagascar, après une halte à Djibouti pour y laisser des soldats somaliens. Les hommes de Diégo Suarez ou de Tamatave connaissent bien le bateau qui les ramène chez eux. C’était un des bateaux utilisés pour relier la France à Madagascar, depuis que la Grande Île était devenue colonie. C’est même le Djemnah qui avait ramené en France le général Gallieni, une fois sa mission de « pacification » accomplie. Depuis que la guerre avait commencé, il servait au transport des troupes. A bord, les hommes évoquent ces mois passés loin de chez eux. Le jeune RAFILOBERA dit « Rafi », rêve de rejoindre son village de Miadana, tout près d’Ambatolampy. Sa fiancée l’y attend. Parmi les hommes qui l’entourent, il est très impressionné par les hommes du 12e bataillon, qui sont allés si souvent au feu ces derniers mois. Le tirailleur RATSIZA pourrait être son père. Il s’apprête à fêter ses 37 ans avec les siens, dans son quartier d’Ankorondrano, à Tana. Une fête au goût amer. La guerre l’a beaucoup marqué. Il a perdu plusieurs amis lors de la bataille du Chemin des Dames au début du mois de mai 1917, lors de la prise de la tranchée de l'Aviatik. C’est justement à Soissons, au milieu des combats, qu’il a passé un « fatidra », un pacte fraternel avec les deux soldats qui lui ont sauvé la vie : le vétéran MAHAKOSA, originaire de la région de Tuléar et le clairon RABELAHY, de Tanjombato. Les trois hommes se sont ensuite retrouvés blessés ou malades à Marseille au Dépôt des Isolés Coloniaux et les voilà en route pour la Grande Île. Ils parlent de la guerre, de l’avenir, de leurs contacts avec les habitants de la métropole. Le tirailleur RAJAONASY, du 13e bataillon, se souvient de son séjour à la Tremblade en Charente-Maritime à l’automne 1917. Il est fier de montrer la carte postale qui a été réalisée à cette occasion. Mais les hommes sont inquiets : harnachés dans des bouées de sauvetage, ils savent que les sous-marins allemands rôdent autour d’eux. Le 14 juillet, en ce jour de fête nationale pour les Français, le UB105 croise leur chemin au large de la Libye, au sud de la Crète. Le bateau est torpillé et coule en quelques minutes. Aucun des 5 hommes ne retrouvera sa terre natale, comme près de 200 de leurs camarades.

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Re: « Les naufragés du Djemnah »

Message par Mattle1 » 22 juin 2014, 12:24

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