Les sept soldats français du cimetière d’Hiroshima

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Les sept soldats français du cimetière d’Hiroshima

Message par Rédacteur » 05 août 2017, 22:54

Les sept soldats français du cimetière d’Hiroshima
Ouest-France, par Michel Derrien, vendredi 4 août 2017
http://www.ouest-france.fr/leditionduso ... 354/page/7
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Depuis 1900, sept soldats français reposent à Hiroshima. Blessés lors du siège de Pékin durant la guerre des Boxers, ils ont été évacués vers le Japon, où ils sont morts. Depuis les Japonais veillent sur eux.
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Ils s’appelaient Jean Bourgeade, originaire de Bordeaux, Corentin Postic de Lanvéoc (Finistère), Louis Marie Carrour de Kervignac (Morbihan), Joseph Dorel de Grenoble, Jules Lebeau d’Artonges (Aisne), François Cohendy d’Aydat (Puy-de-Dôme) et François Lelièvre d’Angers. Ils ont en commun d’avoir été des soldats de l’armée française et d’être morts à l’été 1900, lors de la guerre des Boxers. Tous les sept reposent à Hiroshima.

Sept tombes alignées sur deux rangs. Au centre un obélisque décoré de lauriers. Une plaque de marbre gravée sur laquelle on peut lire : « À la mémoire des soldats et marins français du corps expéditionnaire de Chine décédés à Hiroshima en 1900 et en reconnaissance… »

Ce carré militaire français est situé dans le cimetière du parc d’Hijiyama, au bord d’un bras de la rivière Enko qui se jette dans la baie d’Hiroshima au Japon. Les dalles frappées d’une croix latine sont gravées avec le nom et le grade du soldat, la date et lieu de naissance ainsi que la date et lieu de décès et la mention : « Priez pour lui ».
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Serge Barcellini, le président du Souvenir français. (Photo : DR)

Le cimetière a survécu à l’explosion de la bombe atomique, le 6 août 1945, qui a dévasté Hiroshima.

400 marins et 2 500 militaires français dépêchés

20 juin 1900, la société secrète chinoise « les Poings de la justice et de la concorde » attaque violemment les légations étrangères à Pékin. Ces nationalistes, Les Boxers – le surnom vient de leur emblème le poing fermé – veulent notamment rejeter à la mer les colons et les missions chrétiennes.

Huit nations – Japon, Allemagne, Autriche-Hongrie, États-Unis, France, Royaume-Uni, Italie et Russie – envoient des troupes pour secourir leurs compatriotes et défendre leurs intérêts commerciaux.
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Publicité pour la médaille de la Chine. (Photo : DR)

La France a dépêché à la hâte environ 400 marins tirés de l’escadre présente en Chine à l’époque et 2 500 militaires de l’infanterie et de l’artillerie de marine basée au Tonkin et en Cochinchine. 22 Français sont tués lors des combats devant la ville murée de Tientsin. Une centaine de blessés sont évacués vers le Japon à bord du navire-hôpital Halmaï-Maru. Sept n’ont pas survécu à leurs blessures et ont été enterrés sur place.

Trois soldats de l’Ouest

Noburu Harano, professeur de français à l’université d’Hiroshima s’est passionné pour cette histoire. Il y a une quinzaine d’années, il est venu en France sur les traces des sept militaires, à la recherche de descendants. Grâce à lui, on en sait un peu plus sur certains d’entre eux, notamment sur les trois soldats de l’Ouest.

Corentin Postic est né à Lanvéoc (Finistère), le 13 octobre 1869. Marin pêcheur, il s’engage dans la marine en 1890. Matelot canonnier sur le croiseur Jean-Bart, envoyé, en 1897, en Extrême-Orient renforcer la flotte. En juin 1900, il est quartier-maître de 1re classe. Lui et quelques marins du Jean-Bart sont envoyés renforcer les troupes du capitaine de vaisseau de Marolles qui fait partie de la colonne Seymour, envoyée à la hâte au secours de Pékin. Blessé, il est évacué vers le Japon et meurt le 21 juillet 1900, en rade d’Ujina.

François Lelièvre est né à Angers, le 19 septembre 1900. Après son service militaire, il s’engage dans l’infanterie de marine, le 28 février 1894. Il fait campagne à Madagascar, en Cochinchine. Il est blessé au siège de Pékin et évacué vers le Japon. Il expire à l’hôpital d’Hiroshima, le 19 septembre 1900.

Louis Marie Carour est né à Kervignac (Morbihan). Il s’engage à Lorient, en 1898, pour trois ans dans le 1er Régiment d’artillerie de marine. Il est 1er canonnier servant. Il participe à la campagne du Tonkin, en 1899. Son bataillon quitte Saïgon, le 19 juin 1900, et débarque à Takou, en Chine. Il est blessé lors du siège de T’sien-Tsin puis évacué vers le Japon. Il est mort des suites d’une dysenterie lors de la traversée ou lors de son débarquement à l’hôpital d’Hiroshima.

Les Japonais ont toujours entretenu le carré français « même lors de la Seconde Guerre mondiale, quand nos pays étaient ennemis », dit Noboru Harano.

En mars dernier, une délégation du Souvenir français, conduite par son président général Serge Barcellini, est allée fleurir les tombes des sept d’Hiroshima. En présence de Japonais.
Ne te demandes pas ce que les Troupes de Marine peuvent faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour les Troupes de Marine.

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Mattle1
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Re: Les sept soldats français du cimetière d’Hiroshima

Message par Mattle1 » 18 août 2017, 14:49

Pas de chance de séjourner dans la région à ce moment.

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