La vie de la Fédération

"...extraits..."
Septembre-Octobre 2001

Journée d'hommage national aux harkis - 25 septembre 2001
" L'honneur rendu "
La Fédération et ses amicales se sont associées, partout où cela était possible, à l'hommage national rendu aux harkis, le 25 septembre 2001, qui restera dans notre calendrier national comme le jour où enfin l'honneur a été rendu aux harkis et à tous ceux qui, envers et contre tout, leur ont porté secours et les ont soutenus. "Honneur aux harkis! Honneur aux combattants morts pour la France! Honneur à toutes celles et à tous ceux qui ont mérité par leur fidélité et leurs sacrifices la reconnaissance de la Patrie".

Voici le texte du message du président de la République, Jacques Chirac, lors de la cérémonie à l'Hôtel des Invalides.

Message du président de la République lors de la cérémonie à l'Hôtel des Invalides.

Aujourd'hui, 25 septembre 2001, journée nationale des Harkis, la France veut rendre un hommage solennel à ceux de ses enfants qui ont été si cruellement meurtris. Elle a fait graver dans la pierre, ici aux Invalides et en vingt-six lieux symboliques, l'article 1er de la loi du 11 juin 1994, adoptée à l'unanimité par le Parlement, je cite : "La République française témoigne sa reconnaissance envers les rapatriés anciens membres des formations supplétives et assimilés ou victimes de la captivité en Algérie pour les sacrifices qu'ils ont consentis".

Ce geste et la lecture de ce message, aux Invalides, haut lieu de la mémoire de la France, et dans chaque département, démontrent que le moment est venu pour nous tous, Français, de porter un regard de vérité sur une histoire méconnue, une histoire déformée, une histoire effacée. Cette histoire est celle de nos frères d'armes, qui attendent de la France, la patrie qu'ils ont choisie, qu'elle défende leur honneur et leur témoigne l'estime et la reconnaissance auxquelles ils ont droit.

Ces combattants fiers et courageux, dont les pères et les grands-pères s'étaient illustrés dans les rangs de la glorieuse Armée d'Afrique, se sont à leur tour engagés sous notre drapeau. Après sept longues années de guerre, ils ont vu leur destin basculer dans la tragédie. Séparés de la terre qui les a vus naître, ils n'ont trouvé de refuge que dans leur fidélité à cette France qu'ils avaient rêvée avant de la connaître, mais qui ne leur a pas fait la place qui leur était due. Aujourd'hui encore, la blessure reste vive. Il est temps, il est grand temps pour la Nation, dont c'est le devoir moral, de reconnaître leurs sacrifices et leur dignité. C'est pourquoi cette journée est consacrée à leur mémoire.

Aujourd'hui, avec solennité, la France rend hommage à celles et à ceux qui ont tout donné pour elle. Avec solennité, la France témoigne sa gratitude à celles et à ceux qui l'ont servie avec fierté, avec courage, avec abnégation. Que justice soit enfin rendue à leur honneur de soldat, à leur loyauté et à leur patriotisme ! Que leur dignité d'hommes libres dans un pays libre soit enfin reconnue !

Honneur aux harkis ! Honneur aux combattants morts pour la France ! Honneur à toutes celles et à tous ceux qui ont mérité par leur fidélité et leurs sacrifices la reconnaissance de la Patrie !

Au delà de l'honneur rendu, il y a le devoir de reconnaissance et de réparation nationale que le discours du président de la République au cours de la réception à l'Élysée a proclamés solennellement.

Extraits du discours du président de la République au cours de la réception à l'Élysée
[…]

Pour vous, pour moi, pour tous ceux qui ont connu les années tragiques au cours desquelles la France et l'Algérie se sont séparées, la cérémonie d'aujourd'hui est empreinte d'une grande émotion. C'est un rendez-vous avec l'honneur, avec la fierté d'hommes qui se sont battus pour la France et pour les idéaux qu'elle représente. C'est aussi un rendez-vous avec notre histoire. Une histoire mal connue, une histoire douloureuse et souvent déformée. Une histoire qu'il importe aujourd'hui de rappeler aux Français, parce qu'elle exprime la souffrance d'hommes qui ont aimé notre patrie. C'est enfin et surtout un rendez-vous avec la République. Avec son unité, qui ne saurait s'accommoder d'aucune forme d'exclusion. Avec la continuité de son histoire, qui ne peut accepter aucune forme d'oubli. C'est au nom de cette idée de la République que nous rendons aujourd'hui un hommage solennel aux anciens des forces supplétives, ceux que l'on a pris l'habitude d'appeler les Harkis, et que nous affirmons le devoir moral de la Nation envers eux.

[…]

La suite dans l' Ancre d'Or Bazeilles. . . . . . . . .