QU’ELLE EST BELLE, LA COLO !
Les troupes de Marine sont belles de quatre siècles d’histoire de France, glorieuses de centaine de batailles sur tous les continents du monde, admirable de toutes ces valeurs militaires qui sont aujourd’hui notre patrimoine et notre identité.
Nous sommes fiers d’être de la coloniale, heureux de servir dans nos beaux régiments, profondément attachés à nos traditions et à nos drapeaux prestigieux.
Ce qui rassemble aujourd’hui les Marsouins et les Bigors, ce n’est pas tant l’organisation de leurs régiments, ni la spécificité de leurs équipement ou de leur entraînement.
Ce qui rassemble avant tout les Marsouins et les Bigors, c’est un style de relations humaines empreintes de chaleur et de confiance partagée, c’est ensuite un état d’esprit fondé sur une disponibilité permanente pour service outre-mer et à l’étranger qui se conjugue avec une exigence d’exemplarité et de dépassement de soi, c’est enfin une culture d’ouverture vers les autres, populations de toutes origines et de tous pays, une aptitude à les comprendre et à gagner leur confiance.
Ce qui rassemble aussi les Marsouins et les Bigors, c’est une famille où fraternité rime avec solidarité, où nos épouses partagent nos joies et nos peines, c’est une maison mère gardienne de nos traditions, une fête de Bazeilles où Anciens et Jeunes communiquent ans une même foi autour de l’Ancre d’or !
Ces valeurs sont les nôtres ! Elles nous on été transmises de génération en génération, leur excellence fait notre force et notre réputation. Quel bonheur d’appartenir à cette famille !
Et pourtant j’entends aujourd’hui certains de nos enfants qui s’inquiètent devant les évolutions de notre armée, d’autres qui s’interrogent sur l’avenir des Troupe de Marine. Je suis préoccupé aussi par ceux qui ont tendance à oublier ces « fondamentaux » dont je viens de parler pour écouter les sirènes de l’individualisme et du matérialisme.
Je connais bien, après avoir visité tous les régiments de l’Arme, les contraintes que vous vivez au quotidien, tant au plan des conditions d’exercice de votre métier qu’au niveau familial et social.
Aux premiers, je leur dis de garder confiance dans nos chefs : note armée de terre a besoin de moderniser sa doctrine, son organisation et ses équipements pour s’adapter aux nouveaux défis de la sécurité en France et dans le monde.
Je suis convaincu quelle saura, comme elle l’a toujours démontré dans le passé, triompher des difficultés tout en préservant l’homme au cœur de ses priorités.
Aux seconds, je leur demande de ne pas douter de notre Arme. Notre vocation et notre expertise du service hors métropole sont parfaitement reconnues dans une armée de terre où l’outre-mer est devenu un poumon indispensable pour la préparation opérationnelle des unités : entraînement, cohésion, aventure, condition militaire...
Nos formations stationnées dans les DOM-COM et en Afrique apportent ainsi, à travers l’accueil et le partage e leur expertise, une plus-value essentielle.
L’amphibie représente une voie d’avenir en adéquation avec notre organisation, notre passé et notre culture. Enfin l’exemplarité opérationnelle de nos régiments ainsi que la force de nos valeurs représentent un vecteur d’attractivité réputé et reconnu.
« Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens » dit le proverbe africain. Que ceux dont les motivations faiblissent parfois, regardent les drapeaux de nos régiments, témoins des chemins de gloire et d’honneur que nos anciens ont parcourus au prix du sang versé.
Ils nous ont montré la voie du travail, de l’effort, de la disponibilité et u courage pour toujours plus d’excellence et d’exigence. Ils ont refusé la facilité, la fatalité et la tentation de la banalisation en dépit des sacrifices et des souffrances. Ils nous ont donné une cohésion, une force, un cœur… une âme !
Telle est la piste sur laquelle je vous demande d’avancer avec foi et confiance dans l’avenir, avec cohésion et détermination pour nos jeunes, pour nos camarades, pour notre Arme.
A ce prix nous serons dignes de l’exemple de nos Anciens, nous serons prêts toujours à remplir d’excellence et d’enthousiasme notre mission de Marsouin et de Bigor, au service de la France en tous lieux et en tous temps.
Je sais que je peux compter sur chacun d’entre vous.
Je quitterai mes fonctions le cœur serein au 1er août prochain. Le général Dominique Gérard, mon ami, me succédera. Il a toute ma confiance !
A tous, en avant !
« Et au nom de Dieu, vive la coloniale »
Rueil-Malmaison, le 28 juin 2007
Général Philippe ROISIN
Père de l'Arme