EDITORIAL


L'éditorial de ce numéro abordera deux points très différents l'un de l'autre, mais l'actualité commande.

Le premier point est celui de la disparition de Louis Cazenave, avant-dernier poilu de la Guerre 1914-1918. La famille des troupes de marine était présente à ses obsèques, en la personne du général d'armée Cuche, chef d'état-major de l'armée de Terre, par ailleurs caporal d'honneur de l'Arme, et d'une délégation d'anciens des amicales d'Auvergne emmenés par le général Nichon et le président de l'amicale de Haute-Loire, Bernard Dumas.
Le père de l'Arme et le président de la Fédération ont fait parvenir à sa famille une lettre co-signée dont voici un extrait :
Héros bien malgré lui, il a participé à de grandes batailles livrées pendant la 1ère guerre mondiale, notamment sur la Somme puis au Chemin des Dames. En servant successivement au 22e régiment d'infanterie coloniale puis au sein du 5e Régiment de tirailleurs sénégalais, il a appartenu à notre grande famille qui perpétue au travers de ses traditions, au sein des régiments stationnés en France métropolitaine, outre-mer et à l'étranger, des valeurs fondamentales fortes d'abnégation, de disponibilité et de fraternité.
Au nom de cette famille coloniale, de sa branche aînée, en position de retraite, de sa branche cadette, l'active, nous vous prions de bien vouloir agréer nos condoléances attristées.


Le deuxième point est relatif au dossier du dernier numéro de l'Ancre d'or-Bazeilles, "Servir hors de l'Arme". Celui-ci a valu au directeur de la publication que je suis un courrier abondant qui émane de deux catégories de lecteurs :

- La première, les non-"colos", qui trouvent que nos personnels d'active mettent bien peu d'ardeur à aller servir hors de leur Arme. Ceci procède selon moi d'une lecture un peu rapide, voire partisane, car, comme le montre le dossier, après un moment de déconvenue bien compréhensible, nos personnels font tout ce qui est en leur pouvoir pour montrer à travers leur comportement, la compétence professionnelle et l'ouverture aux autres qui sont la marque de notre Arme;
- la seconde, le personnel des troupes de marine, dont certains vont jusqu'à affirmer que ce dossier avait pour but de préparer les esprits à la disparition prochaine de notre Arme. A ceux-là, je réponds qu'ils se méprennent. D'abord nous n'avons aucune indication en ce sens; au contraire, la valeur de nos formations devrait les préserver de ce sort funeste. Ensuite, nous voulions dire, car il faut toujours positiver, que 15% de nos effectifs hors de l'Arme ne constituait pas, collectivement, un drame même si, individuellement certains témoignent de la "fraîcheur" de l'accueil reçu au sein de leur unité d'affectation.

Je crois qu'en la matière il est urgent d'appliquer une des devises de la "Colo éternelle" : Boire frais et rester calme, puis d'inviter chaque marsouin et chaque bigor à poursuivre, où qu'il serve, la recherche de l'excellence, seule voie pour que nous puissions crier longtemps encore...

«"... ET AU NOM DE DIEU, VIVE LA COLONIALE"




 

Le Général de corps d'armée (2S) Lang
Président de la FNAOM-ACTDM