EDITORIAL
Décidément, l'été 2008 aura été marqué par des événements qui, bien que de nature très différente, ont mis les troupes de marine sous le feu des projecteurs.
Ce fut d'abord la tragédie de Carcassonne sur laquelle je me suis déjà exprimé? Je n'y reviendrai donc pas sinon pour dire que nos camarades du 3e RPIMa ont été depuis lors projeté en Afghanistan où ils pourront collectivement se montrer dignes de la réputation opérationnelle de leur magnifique régiment.
Puis ce fut le 18 août et l'embuscade meurtrière dans laquelle tombèrent huit marsouins-parachutistes du 8e RPIMa, un marsouin du RMT et un légionnaire du 2e REP venu leur porter secours.
La Fédération a envoyé un message aux régiments intéressés, puis elle a mis en ligne sur son site un communiqué pour exprimer son émotion, présenter ses condoléances aux familles éprouvées par la perte de l'un des leurs et soutenir les blessés. Ce communiqué redisait également toute la confiance des anciens envers leurs jeunes camarades d'active pour relever le défi opérationnel comme ils avaient eux-mêmes tenté de le faire naguère.
Les obsèques de nos frères d'armes se déroulèrent dans l'émotion et la dignité.
A peine celles-ci terminées, un grand tintamarre a été déclenché par les médias écrits et audiovisuels auxquels se sont joints des particuliers dont tous n'étaient pas qualifiés, tant s'en faut, pour porter un jugement.
Mais le comble de l'abject a été atteint en deux étapes. D'abord ce fut l'inquisition d'une certaine presse auprès des familles en deuil, des blessés dans les hôpitaux et des rescapés. Puis survint la publication par un périodique d'informations sensibles obtenues auprès de "l'adversaire" taliban et vraisemblablement à sa demande. J'imagine que pour les familles ce fut "une seconde mort" encore plus douloureuse que la première. La Fédération a tenu à exprimer son indignation et son écoeurement pour ce qui, si nous étions en état de guerre déclarée, serait de l'intelligence avec l'ennemi. Elle l'a fait par le biais d'un second communiqué puis d'une lettre au Président de la République. Dans ce courrier, elle demandait, sans se faire d'illusions, s'il n'y avait pas de moyen légal pour mettre fin à ses agissements honteux, voire pour engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces actes irresponsables. La réponse de l'Elysée fut prompte. Par l'entremise de l'amiral Guillaud, chef d'état-major particulier , le chef des armées répondait que "le reportage de l'hebdomadaire en question ne viole aucune règle de droit". Comme le disait Churchill, "la démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres !".
Depuis j'ai eu l'occasion de me rendre à Castres à l'invitation du général Cann, président de l'amicale du "8" et du "7", à l'assemblée générale annuelle et à la Saint-Michel de la base arrière du régiment. J'ai pu, au nom de toutes les amicales de la Fédération, dont beaucoup de présidents s'étaient exprimés par écrit, dire aux anciens et aux jeunes du 8 combien nous étions à leurs côtés dans l'épreuve et que l'attitude du régiment lors de l'embuscade et à l'issue, par son exemplarité, était de nature à nous rendre sereins sur le fait de pouvoir nous écrier longtemps encore ...
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Le Général de corps d'armée (2S) Lang |
