Commentaire :
Cette biographie passionnante d'Ernest Psichari, jeune écrivain mort au début de la Grande Guerre, brosse le portrait d'un personnage attachant, tourmenté mais courageux. Sa conversion au catholicisme et son engagement dans l'armée le transforme en héros des milieux conservateurs, mais il demeure le jeune homme scandalisé par l'exploitation des autochtones au Tchad et en Mauritanie...
L'Ancre d'Or n° 327
Nos lecteurs savent déjà, par l'article qu'elle a publié dans notre revue, que Frédérique Neau-Dufour est spécialiste de Psichari, Artilleur de Marine entre autres qualités. Agrégée d'histoire, elle lui a consacré sa thèse, dont ce livre est issu. C'est dire qu'on y trouvera tout ce qu'on peut souhaiter savoir sur le personnage, ses vertus mais aussi ses médiocrités. Pour les médiocrités, c'est "l'errance" d'une jeunesse tourmentée et incertaine. Oublions cela, et venons aux vertus. C'est d'abord le goût de "l'ordre" militaire, si joliment exalté dans "L'appel des armes". C'est ensuite la vocation africaine, l'épopée méhariste, vécue en Mauritanie de 1909 à 1912 et qui nous vaut "Les voix qui crient dans le désert". C'est enfin la conversion du Centurion, superbe retournement du petit-fils de Renan. Vocation militaire et vocation mystique se
rejoignent dans la mort du héros : le 22 août 1914, à Rossignol en Belgique, le Bigor Ernest Psichari est tué sur sa pièce, le chapelet au poing. Là-dessus, dit l'auteur, s'est construit le mythe. Et s'il nous plaît, à nous, de croire au mythe ?
Général Claude Le Borgne.