Journal d'un Marsouin au Tonkin : 1883-1886 Sources : L'Ancre d'Or 314 - Janvier-Février 2000
Auteur : SARRAT Louis Editeur : France-Empire Prix éditeur : 18,29 Euros (120,00 F) Nombre de pages : 362 Parution : 1987
Commentaire :
Ce livre est le journal de marche d'un conscrit de la classe 1881 qui, lors du tirage au sort en vigueur à l'époqiue, a tiré un "mauvais numéro". Incorporé dans l'Infanterie de Marine, au 2e RIMa à Brest, et son instruction terminée, il est dirigé sur le Tonkin où le corps expéditionnaire français livre de rudes combats aux "Pavillon Noirs". A peine arrivé, il part en colonne et participe à diverses affaires importantes (Phong, Phu Sa, Lang Son, Tuyen Quang). Détaché dans un poste optique, il est oublié par son corps d'affectation qui le laisse passer pour mort et se retrouve tout surpris de recevoir son propre avis de décès, "ce qui le fit bien rire" dit-il. Intelligent, sensible, ouvert aux autres et plein de bon sens, il subit les épreuves sans récriminations vaines et témoigne d'un patriotisme ardent et d'un total dévouement. La simplicité de sa plume, la justesse, la précision, le naturel et même parfois la naïveté avec laquelle il narre ses aventures, rendent son récit particulièrement vivant
et vrai. En bon paysan, il observe la nature et s'intéresse aux populations qu'il rencontre et dont il se sent proche mais qui le déconcertent. Il se révèle historien sans le savoir et excellent reporter, apportant à son lecteur une mine d'informations, n'hésitant pas à reproduire des extraits de journeaux de marche, d'ordres d'opérations ou du jour, nous faisant presque vivre dans l'intimité de Brière de l'Isle ou de Courbet et ne se privant pas d'exprimer son sentiment à l'occasion. C'est enfin un vrai Marsouin, maître de lui, qui s'adapte et réfléchit, qui a le sens de l'équipe et qui n'hésite pas à se livrer à diverses considérations d'ordre pratique, technique, culturel qui ne manque ni de perspicacité ni de piquant. D'une lecture facile et attachante, ce livre rafraîchissant nous permet de suivre un de nos anciens pas à pas et de constater que c'était un grand bonhomme, tout simple Marsouin qu'il fût. Jean Parisot