Commentaire :
[...] Longuement, face caméra, l'ancien compagnon de la Libération rallié à de Gaulle dès 1940, au service de la France Libre dans le maquis des Ardennes, y expose les raisons de sa résistance aux exactions : "Sur le plan moral, la torture me semblait innacceptable, nous amenant à nous comporter de la même façon que les nazis. Et je savais que cela ne ménerait à rien. [...] La violence n'est pas efficace pour résoudre les conflits entre les hommes. En plus, elle dégrade ceux qui la mettent en oeuvre." Une réflexion qui s'est nourrie de son expérience dans la Résistance et de son engagement dans le conflit indochinois. [...] A gauche comme à droite, le silence est de mise à propos des interrogatoires musclés. Bollardières rend visite à de Gaulle, revenu au pouvoir depuis 1958, puis remet sa démission à Messmer, son ancien compagnon d'armes devenu
ministre des Armées. Revenu à la vie civile, il n'aura de cesse d'oeuvrer à une stratégie de la non-violence, jusqu'à sa mort, en 1986.