Paul Appert
( - 1973)
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Né dans une famille de courtiers en assurances, Paul Appert n'a jamais été passionné par les contrats et les chiffres. Sa volonté de servir le drapeau doublée d'un caractère aventurier lui a donné envie de revêtir l'uniforme et pas n'importe lequel : celui de la coloniale après être passé par Saint-Cyr.
Le garçon est brillant déterminé et l'on discerne chez lui déjà un certain panache. D'évidence l'essentiel de sa carrière s'effectue loin de la métropole. Lorsque le maréchal Pétain demande l'armistice, Paul Appert est capitaine à Djibouti et travaille auprès du général Legentilhomme.
Déposer les armes est inenvisageable, aussi adresse-t-il au général britannique Wavell un télégramme où il explique que l'armée française basée à Djibouti refuse l'armistice. Comme il désespère d'une réponse claire et estime les chances d'une résistance à Djibouti compromise; il se rend le 2 août 1940 à Aden avec le général Legentilhomme et le capitaine Essars. Il rallie alors les Force françaises libres et s'envole pour Londres toujours avec le général.
En Afrique
C'est comme officier d'état-major qu'il suit Legentilhomme au Soudan. Le général y prend à Khartoum le commandement des Force françaises libres pour tout le pays ainsi que l'Erythrée. L'objectif affiché est de ramener les Somalis dans la guerre et d'obtenir un ralliement au général de Gaulle.
L'opération n'est pas facile. Dès avril 1941, Appert accompagné du lieutenant-colonel Brosset et du capitaine Magendie gagne le Somaliland pour prendre des contacts et tisser un réseau de renseignements. La mission est chargée d'évaluer si un ralliement peut avoir lieu sans un choc sanglant franco-français. C'est l'échec.
Pourtant Appert ne renonce pas, c'est pourquoi il travaille alors avec Gaston Palewski qui est délégué politique et militaire de la France libre dans l'Est africain. Il reçoit l'ordre de former et de diriger un détachement de FFL de la Côte française des Somalis et s'en acquitte en liaison avec les Britanniques.
Nommé commandant, il s'avère un recruteur efficace et met au point trois pelotons méharistes. Lieutenant-colonel dès juillet 1942, il est le principal artisan du ralliement qu'il espérait tant de l'essentiel de la garnison de la côte française des Somalis en décembre de la même année. Le général de Gaulle lui adresse alors un télégramme personnel de félicitations et le nomme compagnon de la Libération.
Sur l'Atlantique
Il est alors chargé de structurer un régiment d'Afrique dont il prend le commandement. Avec cette unité, il reçoit la mission de réduire plusieurs poches de l'Atlantique. C'est au sein de la brigade Médoc qu'il conquiert avec ses hommes Saint-Vivien et Talis les 14 et 21 avril 1945 avant de réduire au silence les dernières défenses allemandes de la Pointe de Grave. Promu colonel en juin 1945, il devient chef du cabinet militaire de l'amiral Thierry d'Argenlieu en Indochine. Il occupera différents postes à Naples puis comme commandant supérieur de la côte française des Somalis puis des troupes du Pacifique. Le général Appert est décédé en 1973 à l'âge de 69 ans et repose à Saint-Quentin, sa ville natale.
Le général Paul Appert était Grand officier de la Légion d'honneur et compagnon de la Libération depuis le 31 décembre 1942.
© L'Union de Reims - Hervé Chabaud
Sources :
http://www.lunion.presse.fr - 19/10/04