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LES TROUPES COLONIALES EN 1914 Le corps d'armée des troupes coloniales, quartier général à Paris, était commandé par le général de division Lefèvre, ayant comme chef d'état-major le Colonel Puypèroux. Il comprenait trois divisions, entièrement stationnées dans la métropole :
1ere division d'infanterie coloniale,
Au Maroc existaient six régiments de marche d'infanterie coloniale, chacun à un bataillon blanc et deux bataillons noirs dont les garnisons d'attache étaient respectivement Rabat, la Chaouïa, Meknés, la Chaouïa et le sud. Fez, Marrakech. et un bataillon supplémentaire européen à Fez. En Algérie, se trouvaient deux bataillons de tirailleurs sénégalais, le 1er a Colomb-Béchar le 2e à Orléansville.
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Les troupes coloniales stationnées aux colonies étaient divisées en six groupes et un corps d’occupation.
Groupe de l’Indochine
Corps d'occupation de Chine
Groupe de l’Afrique occidentale
Groupe de l’Afrique équatoriale
Groupe de l'Afrique orientale,
Groupe des Antilles
Groupe du Pacifique.
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L'ensemble assez considérable représentait 102 bataillons et 39 batteries. Dont 36 bataillons et 12 batteries en métropole et 21 bataillons en Afrique du Nord . Dans ce total de 102 bataillons, la « force noire » représentait le quart.
La guerre allait considérablement augmenter ces effectifs.
Les nécessités de la mobilisation avaient obligé le commandement à effectuer des changements de garnison en 1913. C’est ainsi que deux régiments d'infanterie coloniale avaient été envoyés du Cherbourg et de Brest à Lyon, mesure incompréhensible pour ceux qui ignoraient qu'ils allaient combattre avec, le 14e corps d’armée dont le quartier général était dans cette ville. Il y avait eu permutations de régiments entre Bordeaux et Rochefort. Enfin, un 3e régiment d'artillerie avait été mis sur le pied de quatre groupes, mais il n’en avait encore que la moitié. Il allait être fait appel largement aux réservistes pour combler les trous. Lorsque la mobilisation fut décrétée le 1er août 1914, le corps d'armée colonial fut mis sur pied à deux divisions d'infanterie(la 2e et la 3e) et une brigade de réserve (la 5e) celle de Paris. On lui confectionna deux artilleries divisionnaires a trois groupes de 75 mm et une artillerie dite de corps d'armée a quatre groupes du même calibre. On lui adjoignit comme cavalerie, un régiment de chasseurs d'Afrique, le 3e venu d'Algérie; et un bataillon du génie de Versailles, le 22e, qui lui était destiné dés le temps de paix. On y ajouta deux escadrons de réservistes du 6e dragons, de Vincennes et il fut dirigé sur les Ardennes où se groupait notre IVe armée.Comme nous l'avons dit, la brigade d'infanterie coloniale de Lyon fut affectée comme réserve d'infanterie du 14e corps. Chaque régiment actif mobilisait un régiment de réserve qui portait le même numéro que le sien augmenté de 30 ou de 20, suivant les cas. Cette mesure donna donc douze régiments à deux bataillons seulement numérotés de 31 à 38 et de 41 à 44. Deux d'entre eux (41e et 43e formés à Paris) furent affectés au 20e corps d'armée, sur le Grand-Couronné de Nancy. Deux autres (31e et 32e formés à Cherbourg et à Brest) furent envoyés renforcer la garnison de la place forte de Maubeuge. Huit autres furent affectés à des divisions de réserve et les deux derniers (33e et 37e) demeurèrent provisoirement disponibles dans leurs garnisons de mobilisation (Rochefort et Bordeaux). Le Maroc fournit immédiatement un régiment colonial composé de trois bataillons européens qui s'appela « régiment colonial de marche » et qui peut être considéré comme l'ancêtre du fameux R.I.C.M. dont nous ferons plus tard l'historique, et, après la bataille de la Marne, trois autres régiments de marche composés chacun d'un bataillon blanc et de deux bataillons sénégalais. Ayant subi des pertes sensibles, ces quatre unités se fondirent en une seule, le régiment d'infanterie coloniale du Maroc. Les suites de la guerre obligèrent le commandement à former d'autres régiments de la série 50 qui furent diversement employés (Dardanelles, Salonique, formations diverses du front occidental). Enfin, furent mis sur pied une centaine de bataillons sénégalais qui furent employés soit comme combattants, soit dans des services d'étapes, un bataillon somali, trois bataillons malgaches. |
| A la fin de la guerre, l'armée française comptait sept divisions coloniales dans la composition desquelles entraient vingt-deux régiments. Neuf avaient disparu pour des raisons diverses, un seul demeurait disponible. Voici la composition de ces divisions :
2e D.I.C. 22e. 24e. 43e régiments, 1er d'artillerie coloniale
On trouvait évidemment par ailleurs des régiments d'artillerie Coloniale non endivisionnés. En principe, chaque régiment d'origine avait donné naissance à deux ou trois autres unités, Ainsi 1er, 21e, 41e, 2e, 22e, 42e, 3e, 23e, 43e. Les régiments lourds étaient numérotés 141, 142, 143, etc.
- La bataille des frontières Ou, dans les Ardennes, la 3e division fut anéantie. |
Les Unités Coloniales dans la Guerre de 1914-1918Pendant la guerre de 1914-1918, les grandes unités coloniales ont été les suivantes.D'abord, les « corps d'armées ». Au corps d'armée de 1914 vint s'ajouter, en 1915, un 2e corps d’armée colonial. Le 1er corps d'armée colonial fut successivement commandé par les généraux Lefèvre (1914), Gouraud (1915), Berdoulat (1915-1917), Mazillier (1918). Le 2e corps d'armée colonial fut successivement commandé par les généraux Blondlat (1915-1917) et Claudel (1918). Les divisions coloniales furent les suivantes (la 1re n'ayant jamais été constituée): 2e D.I.C. : généraux Leblois (19l4), Mazillier (1915-1916), Sadorge, Aymerich (1917), Mordrelle (1917-1918). Elle participe :
-En 1914, aux batailles des frontières et de la Meuse (août), à la première bataille de la Marne , à la bataille de Vitry (septembre). 3e D.I.C. généraux Raffenel, Leblond, Goullet (1914), Gadel (1915), Puypèroux (1916-1918). Elle participe :
- En 1914, engagée dans les mêmes secteurs que la 2e D.I.C. 10e D.I.C. Généraux Marchand, Gadel (1915), Marchand (1916 1918), Elle participe |
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- En 1915 constituée le 20 mai, à la deuxième bataille de Champagne, ferme de Navarin. - En 1916 à la bataille de la Somme. Belloy-en-Santerre. - En 1917 à la deuxième bataille de l'Aisne. Heurtebise. - En 1918 : à la troisième bataille de l'Aisne, Château-Thierry (mai - juin), à la quatrième bataille de Champagne, Rueil-sur-Marne, Troissy; à la deuxième bataille de la Marne (13 au 30 juillet). 11e D.I.C. : généraux Sicre, Venel, Bordeaux (1917), Farret (1918). Elle participe :
- En 1917, constituée le 1er janvier à l'armée d'Orient avec les 21e et 22e brigades coloniales. à Kerklima (mars), bataille de la boucle de la Tcherna (avril - mai). 15e D.I.C. : généraux Bro (1915), Guérin (1915-1918). Elle participe :
En 1915. constituée le 16 juin, à la deuxième bataille de Champagne, butte de Souain (septembre). 16e D.I.C. généraux Bonnier (1915), Dessort (1916-1918), Elle participe :
-En 1915, constituée le 1er juillet, à la deuxième bataille de Champagne, butte de Souain, cote 193 (septembre - octobre) 17e D.I.C. : généraux Masnou-Brulard (1915), Gérôme (1916), Tètart (1917), Bordeaux, Pruneau (1918). C'était l'ancienne 1ere division du corps expéditionnaire d'Orient. Elle participe :
-En 1915, aux Dardanelles, bataille de Krithia. On remarquera que les grands secteurs des coloniaux sur le front de France ont été la Champagne et la Somme. Aucune division coloniale n'a été engagée entièrement à Verdun. Seul le R.I.C.M. qui comptait une division d'Afrique du Nord, la 38e , a porté haut et ferme le drapeau de l'arme à Douaumont. |
PRISE D'UN DRAPEAULe contact avait été pris au nord de Valmy le 13 septembre 1914 et, ce jour là, le lieutenant-colonel Jannot avait pris le commandement du 24e R.I.C.Le 14, le 22e avait pu s'emparer de Virginy et de Massiges, mais n'avait guère progressé au-delà. Le 15, la 6e brigade attaqua avec ses deux régiments en ligne. Le 24e, à gauche, avait pour mission de s'emparer de la cote 199 (mont Tétu). L'attaque, déclenchée vers midi progressait d’abord normalement, mais une batterie allemande se révela à courte distance sur la gauche et prit en flanc les deux bataillons d'assaut leur causant, en quelques instants, des pertes énormes. Les bataillons s’accrochèrent au terrain et enrayèrent la progression ennemie. Au cours de cette journée, le 24e perdit dix officiers dont les deux chefs de bataillons qui avaient attaqué et 450 hommes. Le 18, le régiment alla occuper la ferme de Beauséjour. Le 26 septembre, à 4 heures du matin, une nouvelle bataille se déclenchait et des éléments de toute la 2e division coloniale attaquèrent les crêtes de la cote 180, à 1.800 mètres du village de Minaucourt, que les Allemands occupaient solidement. Après une lutte acharnée ils en furent délogés, laissant entre les mains des marsouins un drapeau du 59e régiment et plus de 300 prisonniers. Quelques jours plus tard, le général commandant la IV e armée portait à la connaissance des troupes le décret conférant la Légion d'honneur au drapeau du 24e R.I.C. : « Le général commandant l'armée est heureux de porter à la connaissance des troupes sous ses ordres l’enlèvement d'un drapeau du 69e régiment d'Infanterie allemande. Ce brillant fait d'armes a été accompli par le 24e régiment d'infanterie coloniale pendant la journée du 26 septembre, combats au cours desquels l'ennemi a subi des pertes considérables et abandonné entre nos mains de nombreux prisonniers. Cette prise fait le plus grand honneur au 24e régiment d'infanterie coloniale et est de nature a rehausser si possible la brillante réputation de ce régiment. » |
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Le 22 octobre, la croix de la légion d'honneur fut épinglée à la cravate du drapeau par le général de Langle de Cary, en présence de détachements de tous les régiments du corps d'armée groupés autour du monument de Valmy. Sur ce fait d'armes véritablement exceptionnel, car très rares ont été les drapeaux pris par les troupes françaises les armes à la main au cours de la guerre 1914-1918 , des détails furent recueillis beaucoup plus tard qui permettent de donner une physionomie des combats du 26 septembre. Pendant la guerre, l'Armée française conquit sur l'Armée allemande treize drapeaux régimentaires dont douze prussiens et un bavarois. Deux de ces emblèmes furent offerts au maréchal French, commandant l'armée anglaise, par le général Joffre. Celui qui fut pris par le 24e R.I.C. le 26 septembre avait été remis en 1843 et appartenait depuis 1888 au 2e bataillon (de Trèves) du régiment d'infanterie de la Landwehr numéro 70. En 1914, il fut confié au 2e bataillon du régiment d'infanterie de réserve N 69. En 1933, M. Jean Brunon demanda au général Jannot, ancien commandant du 24e, de lui communiquer des précisions sur le fait d'armes en question. Du récit que lui fit le général, nous extrayons ces quelques passages :
«Le 26 septembre, de très bon matin, l'appel du téléphone reliant mon poste de commandement aux
avant-postes retentit « Attaque sur tout le front. » |
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Par ailleurs, le commandant de La Gletais a relaté comment trois sections de la 12e compagnie et une de la 11e compagnie du 24e attaquèrent une tranchée allemande de la cote 180, couvrant de balles ses occupants. Ceux-ci firent aussitôt des signaux indiquant qu'ils se rendaient. Le feu cessa. Les Allemands une fois désarmés furent dirigés sur Minaucourt et, en visitant les tranchées, l'adjudant Canal, le sergent Ducombs et les soldats Casez, Dencausse et Bertrand trouvèrent, dissimulé dans de la paille, le drapeau du 2e bataillon du 69e régiment de réserve. La se tenait, blessé, le porte-drapeau, sergent Liesa, qui fut amené avec l'emblème au colonel Jannot. Le commandant de La Gletais fut fait officier de la Légion d'honneur, les sous-officiers et soldats reçurent la médaille militaire.
L’épopée du Fortin de BeauséjourLe 3 février 1915, les Allemands prononcèrent une attaque au nord de Massiges. Le 22e régiment d'infanterie coloniale, qui se trouvait au repos a Hans, fut alerté et se porta en réserve entre la cote 202 et Cruzis. Il fut mis à la disposition du 1er corps d’armée pour exécuter une attaque sur les positions ennemies appelées « fortin de Beauséjour ».
L'assaut fut donné le 22 février à 16 heures par le 1er bataillon (Roguin) et le 3e (Dasque). Le 2e (Dauvillers) était maintenu en réserve à Minaucourt. Le régiment était sous les ordres du lieutenant-colonel Bonnin. Le fortin fut enlevé d'un seul élan, mais une forte réaction de l'artillerie ennemie commença
dans la soirée et fut suivie de contre-attaques de nuit par des détachements composés de spécialistes grenadiers, tandis que les nôtres commençaient seulement à se servir de ces engins tout à fait nouveaux pour eux. La fusillade partant des tranchées obliques était violente, continuelle, le terre plein, couvert d'Allemands qui avançaient en hurlant. Dans les boyaux, les marsouins étaient obligés de reculer devant les grenades. Dans la tranchée nord n°1, le lieutenant Raynal monte sur le parapet exhortant ses hommes à l'imiter et a charger à la baïonnette. Il est bientôt blessé à l'oeil et au ventre. Il continue à diriger la défense jusqu'à complet épuisement. |
| A sa gauche, le lieutenant Casaux réussit à monter sur le parapet après avoir établi un barrage dans le boyau. Il charge avec sa section, mais il a à peine fait quelques mètres qu'il tombe traversé de part en part par les balles. Alors il se fait mettre face à l'ennemi et, pendant que la mitraille fait rage, il maintient ses marsouins autour de lui, chantant à haute voix : « Mourir pour la Patrie est le sort le plus beau . » Le barrage établi dans le boyau va céder, les survivants de la 11e compagnie battent en retraite, le lieutenant Casaux ne parle plus, les hommes le croient mort. Le soldat Simon traîne son corps par les pieds pendant 200 mètres à travers les balles et la mitraille des canons-revolvers et ramène son officier dans nos lignes. Dans le boyau, en effet, les Allemands arrivent nombreux, la baïonnette en avant. Le soldat Mathieu Jouy est là, seul, tous ses camarades sont tombés autour de lui tués ou blessés d’éclats de grenades, on lui crie de se rendre, il répond en ajustant les assaillants, les tient en respect par son feu, en tue six. Blessé au bras d'un coup de baïonnette, au corps à corps avec un septième adversaire. il le tue, reçoit un coup de sabre d'un officier ennemi qu'il blesse grièvement et se replie enfin, sanglant, vers le boyau du fortin... Pendant que le combat se déroulait ainsi sur la droite, l'ennemi, suivant un autre boyau, avait coupé en deux notre ligne de résistance et commençait à affluer vers le fortin Le capitaine Poirier, commandant la 12e compagnie, sentant le danger, veut se reporter en avant mais un éclat de bombe l'atteint au visage et il tombe, la face contre terre. Se relevant dans un sursaut d'énergie, il saisit un fusil, se défend à coups de crosse et de baïonnette, tuant plusieurs adversaires. Un deuxième projectile l'atteint, il tombe de nouveau. Les Allemands avancent en masse de tous cotés, empêchant les hommes de la compagnie - une poignée - de prendre leur Capitaine qui est sous leurs yeux, à terre, frappé à coups de crosse et de talon. Les mitrailleuses qui se trouvent dans le fortin ont été broyées par les obus, sauf une pièce que le sergent Cazeilles, seul survivant de sa section, blessé grièvement au bras droit, emporte sur son dos. Le lieutenant Lelong, commandant une des sections de mitrailleuses, voyant la position perdue, sort son revolver, dit aux hommes qui l'entourent « Je vais vous faire voir comment meurt un officier français. » Il se précipite sur les Allemands, en abat plusieurs et tombe percé de coups. Les derniers Survivants battent en retraite. Des quatre compagnies qui avaient pénétré dans le fortin la veille, il revenait trente hommes. Les autres étaient tous tués, blessés ou restés dans les boyaux. Personne ne s'était rendu.
Cc brillant fait d'armes fut récompensé par une citation du 22e régiment d’infanterie coloniale a l'ordre de l'Armée. De nombreux officiers, sous-officiers et soldats furent cités. La médaille militaire fut conférée a Mathieu Jouy qui mérita le surnom de héros du fortin de Beauséjour |
SUR LE FRONT DE FRANCE CHAMPAGNE 1915La première grande opération offensive à laquelle participèrent les unités coloniales après la première année de guerre fut l'offensive de Champagne du 25 septembre 1915.Elle devait se développer sur une étendue de 25 kilomètres, de la vallée de la Suippe à la lisière ouest de la forêt d'Argonne, et deux armées devaient y participer : la IIe , général Pétain et la IVe, général de Langle de Cary, formant le Groupe des armées du Centre commandé par le général de Castelnau. A la IIe armée, il y avait le Ier corps colonial, composé de la 2e division (Mazillier, 4e et 6e brigades, 4e, 81, 22e, 24e régiments) et la 3e division (Gadel, 3e et 5e brigades 3e , 7e , 21e , 23e régiments). A la IV e armée, il y avait le 2e corps colonial, composé de la 10e division (Marchand, 19e brigade, Scal, 33e et 52e régiments; 20e brigade Peltier, 42e et 53e régiments) et la 15e division (Bro, 1re brigade, Guèrin, 1er et 2e régiments 2e brigade, Colonna d'Istria, 5e et 6e régiments.
La préparation d'artillerie débuta trop tôt, le 22, et indiqua suffisamment a l'ennemi le secteur dans lequel nous allions attaquer. Le 1er corps colonial était chargé d'enlever la « main » de Massiges et ses abords; la 2e division avait pour objectifs l'index, le Majeur l'Annulaire; la 3' devait attaquer à l'ouest de la grande route de Sainte-Menehould à Vouziers.
Le 2e corps colonial attaqua sur un front de 6 kilomètres, renforcé par la division marocaine, la 15e division coloniale à l'ouest, la 10e au centre. Le succès que fut la prise de la ferme de Navarin ne put être exploitée le brouillard empêcha l'artillerie de suivre l'infanterie. L'ennemi en profita et ce fut une tuerie. |
EN 1916, VERDUN ET LA SOMMESeule, la 30e brigade coloniale (colonel Porte, 41e et 43e) fut engagée dans le secteur d'Houdiomont, au mois d'avril, puis dans celui de Souville en août, au nord du tunnel de Tavannes.Elle y laissa 37 officiers et 1.978 marsouins. Quant au régiment d'infanterie coloniale du Maroc, il reprit le fort de Douaumont en octobre. En juillet 1916, les Français participèrent à l'offensive menée sur le front de la Somme par les britanniques et engagèrent, à la droite de ceux-ci, la VIe armée, général Fayolle, qui mettait en ligne trois corps d'armée, a cheval sur la rivière les 20e, 35e et le 1er corps colonial. Celui-ci s’étendait au sud de la Somme, jusqu'au ravin de Fontaine les Cappy à Fay. Son objectif principal était le plateau de Flaucourt qui domine les positions allemandes au nord de la Somme. Le corps d’armée alignait les 2e 3e et 16e divisions, ainsi que la division marocaine. Il devait attaquer, la 2e division au nord suivie de la 16e, la 3e division au sud, suivie de la marocaine, par brigades accolées, et régiments accolés dans chaque brigade. Le 1er juillet 1916, l'élan des troupes fut irrésistible et dés le lendemain, la deuxième position allemande tombait. Le 3, Feuillères. Buscourt, Flaucourt étaient occupés, il y avait 5.000 prisonniers et 60 canons au butin. Le 4, la 2e division se trouvait devant Biaches et Barleux, au sud la Légion étrangère était à Belloy-en-Santerre, mais les Allemands s'étaient ressaisis et de nouvelles attaques (9, 20, 30 juillet, 12 août) ne donnèrent pas de résultats. Il n’en demeure pas moins que le 1er corps colonial avait conquis une profondeur de terrain de 8 kilomètres, avait fait 10.000 prisonniers, mais il avait eu 16.000 hommes hors de combat. |
DANS L’AISNE, EN 1917Le 16 avril, la VI e armée, général Mangin, était face au Chemin-des-Dames, mais le 1er corps colonial, à sa gauche, devait attaquer en équerre en vue de tourner la position, sur un front de 7 kilomètres, limité au sud par le moulin de Laffaux et le fort de La Malmaison, au nord par le bois de Quincy-Basse et la lisière de Lizy.Les régiments avaient été portés à quatre bataillons par l'adjonction à chacun d'eux d'un bataillon sénégalais. Le général Berdoulat, commandant le 1er C.A.C., disposait seulement de 92 batteries. L'avance est d'abord très réduite, avec pertes sensibles et, le 17 et le 18, rendue impossible à cause des rafales de neige et de pluie glacée qui tombaient, en ce mauvais printemps. Les Allemands, qui souffraient autant que leurs adversaires, abandonnèrent un rectangle de terrain de 7 kilomètres sur 10, et les coloniaux occupèrent Laffaux, les carrières de Nanteuil-la-Fosse, le fort de Condé en ruines, Sancy, Celles-sur-Aisne, la ferme Chantereine.
Le 2e corps colonial attaquait au nord de Fismes, à cheval sur le plateau de Paissy, la 10e division à l'est, la 15e à l'ouest. L'ennemi occupait une forte position. Les deux divisions avaient été renforcés par dix bataillons sénégalais (les 57e et 58e régiments, trois bataillons indépendants et le bataillon somali). La 10' division atteignit la ferme Heurtebise et le village d'Ailles mais ne put les occuper. Le 1er corps colonial regagna la Champagne, dans le secteur de Craonne, après être passé sous le commandement du général Mazillier. Le 2e corps colonial tint au mois d'octobre un secteur au nord-est de Verdun. |
LES BATAILLES DEFENSIVES DE 1918Le 1er corps colonial se trouvait en secteur à la IVe armée (Gouraud) entre le nord de Prunay et les Cavaliers-de-Courcy, englobant le fort de La Pompelle, les abords est de Reims, le village de Bétheny.Après l'offensive allemande du 27 mai qui enfonça les lignes du Chemin-des-Dames, les Allemands attaquèrent la montagne de Reims et le fort de La Pompelle. Ils auraient bien voulu se rendre maîtres du saillant de Reims qui leur barrait la route au-delà de la Marne. La défense de Reims, de mai à la mi-juillet 1918 par le 1er corps colonial, constitue une belle page de l'histoire des troupes coloniales et fait honneur au général Mazillier qui fut l'animateur de cette défense victorieuse.
Le 18 juillet, la 2e division repris Courmas et le bois d'Onrézy.
Non loin, au Bois-Belleau, les « Marines » américains allaient se battre eux aussi avec courage et ténacité. |
LES OFFENSIVES DE 1918Le R.I.C.M a pris une très large part aux opérations offensives de 1918 et on trouvera la relation de ses exploits plus loin.En allant de la gauche a la droite de la ligne de front, nous trouvons d'abord la 15e division coloniale qui, dans le secteur de Moreuil, sur la route d'Ailly-sur-Noye, où elle se trouvait depuis avril, exécute des opérations locales sur le bois de Belleau le 12 juillet, sur le carrefour des routes de Sauvillers à Moreuil et de Mailly-Raincourt à la ferme Saint Hubert le 23. Elle attaque de nouveau le 6 août et atteint des objectifs qui se situent à Genouville et au Plessier. Elle reviendra ensuite dans le secteur de Saint-Mihiel. Le 1er corps colonial, qui faisait partie de la Ve armée (Guillaumat), prit l'offensive à partir du 30 Septembre.. Il partit d'un front de 30 kilomètres entre Courcelles (ouest de Reims) et Prunoy. Les Allemands retraitèrent vers la rive droite de l'Aisne, sur la Hunding-Stellung. Les 2e et 3e divisions arrivèrent sur la Suippe le 6 octobre, elles en forcèrent les passages le 11. La 3e enlèvera de vive force les points d'appui ennemis de Balham, Saint-Germainmont, Herpy. Du 9 au 25, la Hunding-Stellung fut entamée... La 2e Division occupa Herpy et Château-Porcien au prix de lourdes pertes. Dans le secteur de Saint-Mihiel, l’armée américaine avait été chargée de réduire la célèbre « hernie » qui s'était formée dans le front depuis 1914. Elle devait être appuyée, dans cette opération, par la 15e division coloniale, tandis que l'Etat-major du 2e corps colonial coiffait trois divisions métropolitaines.
L'offensive commença le 12 septembre. |
AUX DARDANELLESLes coloniaux furent engagés sur les fronts du Proche-Orient, et d'abord aux Dardanelles.Un corps expéditionnaire allié avait été constitué en vue de forcer l'entrée des détroits et de parvenir à Constantinople. Il comprenait plusieurs divisions anglaises, néo-zélandaises, et au début, une seule division française dans la composition de laquelle étaient entrés deux régiments mixtes coloniaux, c'est-à-dire composés chacun d'un bataillon colonial blanc et de deux bataillons de Sénégalais. Ces derniers étaient d'anciens bataillons ayant combattu en France ou à Dixmude en 1914 et qui avaient été hiverner dans la région de Fréjus. Ils formaient une brigade commandée par le colonel Ruef :
4e régiment mixte de marche, Lieutenant-colonel Vacher : 1er et 2e bataillons sénégalais d'Algérie commandants Labarsouque et Derratier et bataillon du 4e colonial commandant Serre.
Ces deux unités devaient prendre par la suite les numéros 54 et 56.
Concentrée en Egypte la première division fut dirigée vers les détroits le 25 avril 1915. Une diversion
fut effectuée sur la cote d’Asie, à Khoum-Kalé par le 6e régiment mixte colonial, et une batterie de 75, sous la direction du colonel Ruef. Vif succès qui ne fut pas exploité, tous les plans élaborés par le commandement
britannique prévoyant le débarquement en force sur la côte d'Europe, à Sedduhl-Bahr, ce qui fut une erreur et une faute aussi. Il eût été vain de s’obstiner et l'évacuation de la presqu’île s'échelonna de septembre à décembre 1915. La division coloniale, sous le commandement du général Brulard, quitta la dernière le front malheureux des Dardanelles où la France avait envoyé prés de 80.000 hommes et avait perdu 27.000, tués ou blessés. La part des éléments coloniaux, dans ces pertes, atteint les deux tiers du chiffre cité. Un autre front oriental allait s'ouvrir, en Macédoine. |
LA CAMPAGNE EN MACEDOINELe 11 octobre 1915, la Bulgarie avait déclaré la guerre aux Alliés et envahissait la Serbie. Le général Sarrau, nommé commandant en chef de l'armée d'Orient,débarqua a Salonique le 12, avec deux division britanniques et deux divisions françaises, l’une venue de France (la 57e) l'autre venue des Dardanelles (la future 158e) avec le général Bailloud.Sarrail essaya de limiter les dégâts en avançant vers Monastir afin de soulager la retraite de l'armée serbe qui s'effectuait à travers l'Albanie au milieu de difficultés considérables. Il fut obligé de se replier vers Salonique, ne disposant pas des moyens suffisants. Il créa alors un grand camp retranché de 200 kilomètres de périmètre et 50 de profondeur et y regroupa toutes ses forces pendant l'hiver de 1915 à 1916. Il reçut de nombreuses troupes de toutes nationalités alliées : britanniques, russes, italiens, ainsi que des éléments coloniaux, des bataillons annamites, puis vinrent les troupes grecques républicaines, la 17e division coloniale des Dardanelles. Bref, le général Sarrail disposa bientôt de plus de 300 000 combattants bien approvisionnés. Il prit trop tard l'offensive en 1916, les Bulgares le gagnèrent de vitesse. les troupes coloniales opérèrent a l'est du camp retranché, sur les rives sud du lac de Doiran, sur le front de Monastir. En 1917, leurs éléments, regroupés en trois divisions, avaient la composition suivante :
11e D.I.C. (Sicre avec les 21e brigade (Expert-Besançon. 33e , 34e et 44e régiments) et 22e brigade (Venel 42e régiment colonial et 2e bis de zouaves).
Ces trois divisions se retrouvèrent dans la boucle de la Tcherna en mai 1916. |
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Le plan de l'opération consiste à couper en deux les armées bulgaro-allemandes en attaquant au centre, objectif la région de Negotin-Kavadar, puis en exploitant vers Prilep, en lançant une force française dans la direction d'Uskub, Nich, Kustendil, et en faisant intervenir d'autres forces à l'est du Vardar, objectif vallée de la Stroumitsa. L’action principale sera menée par l'armée serbe qui dispose de la 17e division coloniale. Celle-ci attaque le 15 septembre dans le système fortifié du Dobropolje, et ouvre aux Serbes les portes de leurs foyers perdus trois ans auparavant Cela au prix de lourdes pertes, 30 officiers et 1 200 hommes. La division passe le Vardar le 26 et arrive à Néokasi le 30. La 11e division coloniale, à l'aile droite, avec des forces hellènes, contribue à la prise de Prilep (17-23 septembre). La cavalerie (brigade Jouinot-Gambetta) fonce alors vers le nord pour gagner Uskub, ayant comme soutien un détachement composé de la 22e brigade coloniale (42e et 44e régiments, 20e et 39e bataillons sénégalais, général Tranié). Ce détachement parvient à Uskub le lendemain de l'entrée des cavaliers, le 30 septembre. Cette pointe audacieuse forcera l'ennemi à demander l'armistice. La 11e division est parvenue à Kreova le 30 ayant parcouru 200 kilomètres en haute montagne. Les «Escadrilles Coloniales»Première Escadrille: SALM 51 La C.51 a été créé à Somme-Bionne le 1er Avril 1915 et commandée successivement par les Capitaines :
- LE BIHAN avril 1915 à avril 1917 Elle est transformée sur SOPWITH le 17 octobre 1917, puis sur SALMSON en Avril 1918. La 51 stationne sucessivement à MOREUIL, à SACY-le-GRAND en 1916, à ARCIS-ste RESTITUE en 1917, à BOUY en 1918, finalement à LACHEN-SPEYERDORF fin 1918, début 19. C'est par exellence l'escadrille organique du 1er Corps d'Armée Colonial dont le secteur aéronautique est commandé par le Capitaine Marcel JEAUNAUD. Les équipages se distinguent en Artois et sur la Somme en 15-16, sur le Chemin des Dames en 1917 et en Champagne en 1918. Ont fait partie de cette escadrille :
- Le Capitaine JOURDAIN. L'insigne de la SALM 51 comporte les deux ancres croisés de l'infanterie Coloniale porté par deux ailes. Seconde Escadrille: BR 260 La SAP 260 est crée le 7 janvier 1918 sur le terrain de BONNEMAISON. Elle est transformée sur Bréguet 14 en juillet 1918. Pendant les 14 mois de son existence elle est commandée par le Lieutenant, puis le Capitaine ARBITRE. Fille de la SALM 51, c'est une escadrille de renforcement à la disposition de l'artillerie de 1er Groupe d'Armée Coloniale, corps qui tient la gauche de la IV° Armée (Général GOURAND) sur le front de CHAMPAGNE. Elle stationne successivement à BOUZY et BUSSY-LETTREE. A l'armistice elle va occuper le terrain de LACHENSPEYERDORF (Palatinat Bavarois). Elle est dissoute le 24 fevrier 1919. Elle compte parmi ses officiers les Lieutenant : PLASSON, MILLOT, GOT, DENUX, RESAL. L'insigne de la BR 260 est le bouton de l'artillerie Coloniale ( des bigors ) entouré de deux ailes. Ce furent les escadrille de tradition de la 38°escadre aerienne SUR D'AUTRES FRONTSIl faut mentionner, pour être complet, deux fronts hors-série.D'abord, une compagnie du 24e régiment d'infanterie coloniale occupait au Monténégro, en août 1914, le mont Lovcen, en soutien d'une batterie d'artillerie lourde, et elle s'y maintint assez longtemps Ensuite, un bataillon colonial de marche, le 21e , et une batterie coloniale de marche, portant également le numéro 21 participèrent à des opérations de guerre à Mourmansk et à Arkhangelsk, en 1918, tandis qu’un bataillon mixte indochinois était envoyé en Sibérie orientale à la même époque. Monténégro, Mourmansk, la Sibérie : la Coloniale aura combattu partout, dans le vaste monde |


Les textes qui composent cette 'Histoire des Troupes De Marine' sont issus du Hors Série numéro 4 d'Avril 1968 d'HISTORAMA (textes du Lt-Colonel (H) L.GARROS) et du livre " Les Troupes De Marine "
1622-1984 aux éditions LAVAUZELLE, livre écrit et
édité à l'initiative de :


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