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Troupes De Marine
La tradition c'est  un «devoir de mémoire», l’affirmation d’une identité collective, des références de comportements individuels et collectifs.
Tenue de toile en bleu 'de chauffe' puis en croisé de coton ou de lin, kaki sable et blanc (1860-1930)
Il faudra attendre des années et beaucoup de morts avant que l'Intendance (actuellement le Comissariat) ne crée un uniforme adapté aux colonies.
Symbole des Troupes De Marine devenues Coloniales en 1901, l'Ancre de Marine portée au collet, sur le Képi (ici un képi de Lieutenant), frappée sur les boutons ou tatouée sur des avants-bras noueux, désigne le "Marsouin".
1880-1913 - Tenues de tirailleurs et de partisans Tonkinois.
Sur la photographie l'on voit divers modèles de salaccos, coiffures traditionnelles retenues pour les tirailleurs Indochinois. Formés de lamelles de bambou réunies par une plaque et un olive en cuivre, ils étaient maintenus sur la tête par une bande de cotonnade écarlate. Le Modèle pointu serait apparu vers 1913, époque où comme seuls attributs sont portées la grenade de métal (brigades d'élite de la garde indigène) ou les initiales GCL (Garde Civile Locale). L'ancre en cuivre n'apparaitra qu'après la Première Guerre Mondiale

Les "Salaccos" indochinois

Dès le début de la Campagne de Cochinchine (1858-1867), des indigènes à notre service furent réunis en formation de "tirailleurs". tout en uniformisant, nous conservâmes leur costume traditionnel, ainsi que leur coiffure particulièrement typique : "le salacco".

Suivant les régions, ceux-ci présentaient différents modèles, et se posaient pour les indigènes sur des cheveux coiffés en chignon, couverts partiellement d'une cotonade noire, ou quelquefois de couleur. Ceci, uniquement pour les indigènes, car les français l'utilisèrent aussi au début de la campagne de Cochinchine.
Ainsi, une publication de 1863 montre des artilleurs, fantassins de marine et gendarmes dont la tête disparaît sous un large "salacco" d'environs 500 mm de diamètre, fait de paille de riz ou de lamelles de bambou tressées. de forme légèrement tronconique, ses pentes nétaient pas rectilignes mais présentaient une légère courbure, tandis qu'en raison de sa légèreté, il était muni d'une jugulaire.
Ce genre de coiffure devait être particulièrement appréciée des soldats et Officiers, à la place de leurs lourds "shakos" ou "bicornes", ou même tout simplement du "képi" protégeant mal des ardeurs du soleil d'Extrême-Orient. Lors de l'expédition du Tonkin, en 1873, les militaires français utilisèrent à nouveau le "salacco", si l'on en croit une aquarelle de Mahut montrant un Officier d'Infanterie de Marineun Officier d'Infanterie de Marine porteur d'un autre modèle de cette coiffure. Celui-ci fait en feuilles de palmier tressées, était recouvert d'une légère cotonnade blanche. Sa forme était tout à fait différente, puisque présentant la forme d'une large coupe à fond plat, au bords formant arrondi.

D'après les souvenirs de contemporains, rapportés par l'historien Albert Dépréaux, ce "salacco" aurait été apporté des Philippines par les troupes espagnoles. Une autre aquarelle de Mahut présente aussi un "salacco" tronconique gainé d'une toile légère bleutée. Il était porté sur son havresac par un matelot de la compagnie de débarquement du "Chateaurenault" lors de la campagne du Tonkin en mars 1884.
Du modèle tonkinois, il différait donc de la coiffure annamite. Les "tirailleurs tonkinois" coiffaient par dessus leur chignon un modèle de plus petit diamètre. Celui-ci présentait sur le dessus des lamelles rayonnantes réunies sous un disque central en cuivre, surmonté d'une petite boule.
Encore usité en 1913, il donna naissance à un type unique porté par toutes les unités indochinoise après la Grande Guerre. Les "salacco" annamite, porté aussi en Cochichine, étaient totalement différent des précédents. De diamètre plus réduit, il était presque entièrement plat avec un petit bouton central. Gainé de tissu kaki beige, il était complété par un "couvre-nuque", partant du droit des tempes, descendant latéralement en oblique, un peu en dessous des oreilles, avant de contourner la nuque.
Ce "salacco" porté encore au début du siècle, était maintenu horizontalement au-dessus de la coiffure par un cordon de couleur passant sous le chignon, et dont les extrémités tombaient dans le dos.
Le modèle réglementaire du "salacco", introduit dans les années 1920, était fait en lamelles de bambou simplement vernies ou, par la suite, gaînées d'un tissu kaki clair, maintenu par une jugulaire de cuir. Son diamètre ne dépassait pas 300 mm, et sa forme assez conique était surmontée d'une pointe de cuivre jaune. Sur le devant était généralement agrafée une ancre du même métal marquant que les "tirailleurs indochinois" étaient rattachés à "l'Infanterie de MArine". D'autres emblèmes y figuraient aussi - par exemple dans les années 1930 - les trois initiales en cuivre désignant la "Garde Civile Locale".

in "Casques et coiffures militaires français" - Christian H. Tavard - editions Jacques Grancher - 1981
Superbe collection de casques coloniaux qui couvrent les modèles portés de 1850 à 1940.
Du chapeau recouvert de toile au modèle en pain de sucre dit "Anglais", toutes les formes et tous les procédés :
liège, sureau, bambou, palme, rotin, carton, toile cirée, ou peau de chameau.
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